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CE SITE A POUR VOCATION D'APPELER A LA DÉMISSION DU CHEF DE L'ÉTAT.

Nous estimons en effet que le maintien à son poste de l'actuel Chef de l'Etat ne peut que nuire aux institutions de notre pays, à la France elle-même qui est aujourd'hui notoirement discréditée à l'étranger, à l'Europe enfin qui ne pourra sortir de la crise qu'elle traverse, du fait de Monsieur Jacques Chirac.

Indépendamment du Chef de l'Etat, le gouvernement qu'il vient de nommer, dirigé par M. de Villepin, est également dans une impasse. A la rentrée, dès que son action deviendra possible, il ne disposera plus que de 18 mois pour mettre en oeuvre sa politique, quelles que soient ses ambitions. Ce délais condamne par avance son action. Il est par ailleurs pourvu d'un poste de Premier Ministre bis, une première dans notre histoire institutionnelle, ce qui garantit sa paralysie, et son caractère "western". Qui plus est le "nouveau" Ministre de l'Intérieur a clairement signifié qu'il ne servait ce gouvernement que pour des motifs personnels, de carrière voir familiaux.

LA CRISE ÉCONOMIQUE, SOCIALE, POLITIQUE ET MORALE QUE TRAVERSE LA FRANCE NE DOIT PAS ATTENDRE DEUX ANS. LAISSER PASSER CE DÉLAIS, C'EST AGGRAVER CETTE CRISE, C'EST PRÉPARER UN 21 AVRIL BIS EN PLUS GRAVE, C'EST DÉLITER UN PEU PLUS LES INSTITUTIONS RÉPUBLICAINES, QUE MONSIEUR CHIRAC A DÉJA PASSABLEMENT TORPILLÉ.

Ce site n'est affilié à aucun parti, organisation ou groupement politique. Au-delà de la question d'obtenir effectivement la démission de Monsieur Chirac, ce site souhaite d'abord porter sur la place publique un débat nécessaire, qu'il refuse de se laisser dérober par l'extrême-droite, qu'il condamne par contre en tant que telle. Il est ouvert à tout citoyen de droite, de gauche ou non politisé, qui craint que le maintien dans ses fonctions de l'actuel Chef de l'Etat soit lourd de conséquences pour notre pays.

CHACUN EST DONC LIBRE DE SIGNER LA PÉTITITON PROPOSÉE EN LIGNE, QUI SERA ENVOYÉE D'ICI LA FIN DU MOIS DE JUIN A L'ELYSÉE. L'EXISTENCE DE CE SITE A ÉGALEMENT VOCATION A ETRE LARGEMENT COMMUNIQUÉE AUX MEDIAS.

CHACUN RESTE PAR AILLEURS LIBRE D'ENVOYER DE LUI-MEME UNE DEMANDE DE DÉMISSION AU CHEF DE L'ETAT (www.elysee.fr), EN MENTIONNANT CE SITE OU NON.

Lundi 28 novembre 2005
Jacques Chirac confronté à son propre effacement
LE MONDE | 28.11.05 | 14h17  •  Mis à jour le 28.11.05 | 18h20


acques Chirac est dans sa chambre d'hôpital, au Val-de-Grâce à Paris, peu après son accident cérébral du 2 septembre. Il s'ennuie déjà et s'inquiète. "Raconte-moi. Dis-moi qui dit quoi." C'est à son grognard préféré, Jean-Louis Debré, qu'il demande des nouvelles du monde extérieur, par téléphone. Cette fois, ce n'est pas un adversaire politique qui décrit un président "vieilli, usé, fatigué". C'est bien pire. Alors, le président de l'Assemblée nationale raconte...

 

" On" dit que le chef de l'Etat ne peut pas lire un dossier, qu'il a un hématome au visage, qu'il a des troubles de la parole. "Qui ? ! Des noms !", réclame le fauve blessé. Le vieux guerrier veut savoir. Il saura et se souviendra. Déjà, il balance entre l'ironie et l'exaspération lorsqu'on lui rapporte que Christian Poncelet, 77 ans, président du Sénat — et donc, à ce titre, chargé par la Constitution de l'intérim au cas où le président serait empêché —, a proposé ses services. Mais les autres, tous les autres, à droite comme à gauche, qui dissertent déjà sur son affaiblissement physique... Jean-Louis Debré, Jacques Chirac donne pourtant un ordre : "Ne réponds pas quand on te demande si tu m'as parlé." On va voir ce qu'on va voir.

Mais on ne voit rien. Claude Chirac, qui se rend tous les jours au Val-de-Grâce dans sa voiture personnelle pour être plus discrète, a décidé avec son père et quelques très proches que le président ne se montrerait pas pendant cette semaine d'hospitalisation. "On ne va quand même pas le faire voir en pyjama", s'indigne un conseiller. Un autre membre de l'équipe présidentielle a suggéré de laisser quelques photographes immortaliser le président en train de travailler sur une table, dehors. Suggestion écartée.

L'automne est très doux. Mais c'est l'hiver qui s'installe à l'Elysée. L'hiver d'un règne. Car M. Chirac n'a pas seulement eu un pépin de santé. Il ne parvient pas à regagner la confiance des Français depuis l'échec du référendum du 29 mai sur l'Europe qu'il a lui-même initié. Désormais, son affaiblissement physique paraît souligner sa fragilisation politique. Il porte des lunettes, comme quinze ans auparavant. Il a maigri, mais n'a pas fait reprendre ses costumes, dans lesquels il flotte un peu.

Il n'y a pas que le président qui flotte, d'ailleurs. Toute la majorité, chiraquienne ou pas, a senti souffler un vent de panique. Personne ne s'est préparé à l'effacement brutal du chef de l'Etat. Même "l'ennemi de l'intérieur", Nicolas Sarkozy, semble décider de ne plus mener bataille contre ce président soudain malade. La discrimination positive, la rupture, ce sont des combats politiques. Mais on ne tire pas sur une ambulance. Il mettra bien deux mois à reprendre ses attaques, et, au fond, l'Elysée prendrait presque cette reprise des coups de boutoir du ministre de l'intérieur comme le meilleur signe du retour chiraquien.

Depuis sa sortie de l'hôpital, pourtant, Claude Chirac, de tous les déplacements, ne quitte plus des yeux son père. Le 20 octobre, le président effectue son premier voyage depuis son accident vasculaire cérébral. Alors que Lyon n'est qu'à deux heures de TGV de la capitale, il y part ... en avion, comme un défi puisque les médecins lui ont recommandé de l'éviter pendant quelques semaines. Mais lorsqu'il devient évident que le président montre des signes trop visibles de fatigue, sa fille fait sortir tous les photographes de la salle où M. Chirac tient table ronde.

Le temps paraît cependant continuer sans lui. Et la majorité se déchire comme si elle jouait déjà la succession. Aux uns et autres, Chirac a pourtant donné l'ordre formel de se réconcilier, ou du moins de ne pas mettre sur la place publique les différends, qui exaspèrent l'opinion. Du débat politique, certes, puisqu'il est inévitable, mais pas de querelles d'hommes. Jean-Louis Debré dit désormais du bien du président du groupe UMP, Bernard Accoyer, qui l'agaçait autrefois. Même Villepin et Sarkozy mettent parfois une sourdine à leur rivalité.

Ah, Villepin ! Depuis qu'il occupe Matignon, sa popularité ne cesse de grandir. Et Chirac, qui a pourtant hésité si longtemps à le nommer, n'en finit pas de chercher à l'aider. On ne compte plus les dîners que M. Debré organise à l'hôtel de Lassay, à la demande de l'Elysée, pour que les députés acceptent enfin ce premier ministre parachuté par le chef. Toute la chiraquie s'y est mise, d'ailleurs. Discrètement, le président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, prodigue ses conseils. Et même les ministres chiraquiens qui ne l'aiment guère répètent le mot d'ordre présidentiel : " Il faut aider Dominique."

Chacun s'est bien aperçu d'ailleurs que le pouvoir avait passé la Seine. De l'Elysée à Matignon. " Pour moi, Chirac est mort en direct à la télévision, quand il est apparu si décalé vis-à-vis des jeunes, le 14 avril (lors d'un débat spécial référendum organisé sur TF1 entre le chef de l'Etat et 80 jeunes)", tranche un député de l'UMP. A l'Elysée même, où l'on s'attirait un froncement de sourcils en disant " Chirac" au lieu de dire " le président", l'expression d'un conseiller qui lâche un " le pauvre vieux" laisse parfois comprendre qu'il y a péril en la demeure. Personne n'en dit mot, mais chacun pense à sa reconversion. L'Elysée continue de tourner, pourtant. A sa manière : des notes, des montagnes de notes. Des rendez-vous, des consultations, des réunions.

Le président de la République, qui a levé le pied pendant quelques semaines, a repris lui aussi ses réunions. Il a reçu longuement Claire Brisset, la défenseure des enfants, qui lui a remis, à l'occasion de son rapport annuel, un petit mémo sur l'école. Il a vu Patrick Weil, spécialiste reconnu de l'immigration et surtout farouche opposant à la politique des quotas prônée par M. Sarkozy.

La crise des banlieues servira pourtant de dernier révélateur. Chirac intervient. Trop tard, à grand renfort de consultations publiques ou privées. Mais à la question de savoir si le président se représentera, un proche répond : " Réfléchissez." Pour ne pas dire brutalement "non".

Mardi 29 novembre, Jacques Chirac fête ses soixante-treize ans. Comme d'habitude, il y aura un petit pot dans le bureau du secrétaire général, Frédéric Salat-Baroux. On lui offrira, comme toujours, un objet d'art africain ou asiatique. Mais l'opposition et les Français, eux, lui ont déjà offert leurs cadeaux : François Hollande a lâché, dimanche sur Europe 1 que "les faits et geste de Jacques Chirac, ça n'a plus aucun importance." Sur Radio J, le même jour, François Bayrou a reproché au président de "s'être effacé lui-même". Quand aux Français... Ils jugent dans un sondage CSA publié dimanche dans le Parisien, que le président qu'ils ont réélu n'a plus "d'influence" sur le cours de choses.


Béatrice Gurrey

CHRONOLOGIE

 

VENDREDI 2 SEPTEMBRE AU SOIR.

Le président est victime d'un accident vasculaire intracérébral. Il sort de l'hôpital le 9 septembre.

JEUDI 20 OCTOBRE.

Le président effectue son premier déplacement en province depuis l'accident, à Lyon.

 

 

DIMANCHE 6 NOVEMBRE.

Après dix jours d'émeute dans les banlieues, il prononce quelques mots sur la "priorité absolue" qu'est "le rétablissement (...) de l'ordre public".

 

 

LUNDI 14 NOVEMBRE.

Le président s'adresse solennellement aux Français à la télévision pour tirer le bilan d'une "crise d'identité".

 



Article paru dans l'édition du 29.11.05
Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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Lundi 28 novembre 2005
L'influence de Jacques Chirac jugée "faible" par une majorité de Français
LEMONDE.FR | 27.11.05 | 20h53  •  Mis à jour le 28.11.05 | 14h31

ne majorité de Français estime que Jacques Chirac ne pèse plus sur les événements, ni en France ni à l'étranger, selon un sondage publié par Le Parisien Dimanche à l'occasion du 73e anniversaire du chef de l'Etat, mardi, 28 novembre.

 

 

Pour 72% des personnes interrogées, le président Chirac a une "faible influence" sur ce qui se passe en France. Seules 25% estiment qu'il a une "forte influence" (la différence sur 100 correspond aux personnes sans opinion).

En Europe, Jacques Chirac a une "faible influence" pour 60% des personnes interrogées (contre 36%).

Dans le reste du monde, cette "faible influence" du chef de l'Etat français est ressentie par 66% des sondés (contre 30%).

Le sondage a été réalisé le 23 novembre par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 971 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, avec stratification par région et catégorie d'agglomération.

"LA DÉCEPTION EST FORTE"

"A moins qu'un événement spectaculaire n'intervienne, les 17 mois qui restent avant la fin de son mandat risquent d'être très délicats", analyse le directeur de l'institut CSA, Roland Cayrol, dans Le Parisien Dimanche.

"La déception est forte. Les gens nous disent que Chirac a fourni les bons diagnostics des maux de la société française mais que, dix ans après sa première élection, rien n'a changé", ajoute-t-il.

"Le président compte très peu et la bagarre Villepin-Sarkozy risque de le reléguer encore un peu plus au second plan", conclut Roland Cayrol.

Le président de l'UDF a estimé que le chef de l'Etat s'était "effacé lui-même" lors des trois semaines de crise dans les banlieues.

"On aurait d avoir un président de la République en première ligne, c'est même ça la Ve République, un président de la République qui porte la vision et le projet et qui assume les crises les plus lourdes sans les faire assumer par d'autres", a déclaré François Bayrou sur Radio J. "Il s'est effacé lui-même, et nos institutions n'acceptent pas l'effacement du président de la République."

Francois Hollande, premier secrétaire du PS, s'est refusé dimanche sur Europe 1 à commenter les "faits et gestes de Jacques Chirac", car "ça n'a plus aucune importance". Le député-maire de Tulle a accusé le chef de l'Etat d'avoir "inauguré, installé une présidence passive, c'est-à-dire une présidence verbale, où on se comporte comme un candidat et on n'agit jamais comme un chef de l'Etat".

 


Avec Reuters
Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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Mercredi 20 juillet 2005
 
Avant l'été 2004, Jacques Chirac avait glissé au président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, l'un de ses compagnons de toujours : "Il faut que l'on parle tranquillement des institutions. Viens me voir à Brégançon." Cette visite amicale de travail, dans le fort où les présidents de la République prennent habituellement leurs vacances, n'a jamais eu lieu.

 

M. Bébéar : M. Chirac est "décrédibilisé"

Claude Bébéar, tenu pour être le parrain du capitalisme français, ne souhaite pas que Jacques Chirac se présente en 2007 pour un troisième mandat. "J'espère qu'il ne fera pas l'erreur de se représenter dans deux ans" , a déclaré l'ancien PDG d'Axa au quotidien L'Equipe du 13 juillet, dans un entretien consacré à l'échec de la candidature française pour les Jeux olympiques de 2012. M. Bébéar, qui avait conduit le projet Paris 2008, explique que "Jacques Chirac, qui se présente un peu comme un donneur de leçons, n'est pas perçu positivement" . Le chef de l'Etat "est très décrédibilisé ", assure-t-il.


A dire vrai, le chef de l'Etat a toujours considéré ce sujet avec réticence. Né en politique sous la Ve République, il répugne à en changer le cadre institutionnel. Il n'est qu'à voir la réserve dont il avait fait preuve à l'égard du quinquennat. Réduire le mandat du président de sept à cinq ans, signe de modernité dans l'opinion, lui apparaissait au mieux comme un mal nécessaire. "Si les institutions changent, ce sera après lui", tranchait voilà quelques mois son conseiller Maurice Ulrich.

Pourtant le débat institutionnel est sur la place publique. La plupart des contributions pour le congrès du Parti socialiste, le 18 novembre, lui donnent une place de choix. Arnaud Montebourg, le premier, en créant en 2001 la Convention pour la VIe République (C6R), a mis le sujet sur la table, suivi par son parti. A droite, Nicolas Sarkozy a ouvert le débat dès novembre 2003, en assurant qu'il fallait, comme aux Etats-Unis, limiter l'exercice du pouvoir présidentiel à deux mandats. Aucun dirigeant politique hésite encore à parler de "crise de régime" ou d'"obsolescence", concentrant les critiques sur le rôle du président de la République. Avec une question centrale : faut-il ou non passer à un véritable régime présidentiel, en assumant l'évolution progressive qui a consacré l'affaiblissement du rôle du premier ministre ?

Même des ministres chiraquiens peu friands de ces questions reconnaissent, tel Christian Jacob, que l'approche de la présidentielle obligera tous les candidats à définir une position. " Ce n'est pas la préoccupation première des Français, mais ils le feront pour asseoir leur légitimité", pense le ministre de la fonction publique. Didier Maus, fin connaisseur de la Constitution et professeur de droit à l'université Paris-I, est plus sévère : "Quand on remet en cause les institutions, c'est que l'on ne sait pas quoi dire sur le fond. Si les politiques savaient quelle politique mener, il n'y aurait pas débat."

Chargé de publier les archives constitutionnelles de la Ve République, un travail titanesque en cours depuis octobre 2002, M. Maus constate qu'aucun gouvernement n'a jamais été empêché de mener la politique qu'il voulait par la Constitution de 1958, un modèle d'efficacité, de souplesse et d'adaptabilité à ses yeux.

Pourtant, la façon même dont Jean-Pierre Raffarin a assumé sa charge à Matignon, de mai 2002 à mai 2005, a focalisé l'attention sur des institutions, bousculées au premier chef par l'instauration du quinquennat et par l'inversion du calendrier. Car ce sont bien ces deux réformes, imposées à Jacques Chirac par Lionel Jospin et Valéry Giscard d'Estaing, qui ont changé la donne.

 

RÉGIME PRÉSIDENTIEL

 

"C'est moins la réduction du mandat présidentiel que le nouveau tempo plaçant la présidentielle avant les législatives qui a modifié la situation", nuance François Baroin, ministre de l'outre-mer et ancien vice-président de l'Assemblée nationale. Puisque l'on retrouve dès lors au Palais-Bourbon, non une majorité parlementaire, mais une majorité présidentielle.

La longévité à l'Elysée de François Mitterrand et celle de Jacques Chirac, provoquant dans les deux cas le fameux " Dix ans, ça suffit", a aussi contribué à mettre sur la sellette le rôle du monarque républicain. Et la façon dont M. Chirac a exercé le pouvoir, accélère cette irruption de la question institutionnelle sur la scène politique.

L'arme de la dissolution ? Il l'a durablement écornée en 1997. Son rôle de garant de l'indépendance de la justice ? Il le met à mal lors du procès d'Alain Juppé, en créant une "mission d'enquête administrative" sur les pressions dont auraient été victimes les juges du tribunal de Nanterre. Il aura beau jeu de rappeler à l'ordre M. Sarkozy qui voulait, le 22 juin, " faire payer sa faute" à un juge. M. Chirac a aussi procédé dans la haute magistrature à une série de nominations de personnalités réputées proches, souvent contre l'avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Il est vrai que François Mitterrand surveillait de près ces nominations sensibles.

Achille Peretti, lointain prédécesseur de M. Sarkozy à la mairie de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et mentor, avait, parmi les premiers, milité dans les années 1960 pour un régime présidentiel. Le débat n'est donc pas nouveau. L'usure du pouvoir, tout comme l'idée que le président est omnipotent sans être responsable devant quiconque, lui redonne une actualité.

Personne, cependant, ne s'accorde sur les solutions. La France est une exception, où le président élu au suffrage universel direct, cumule les fonctions de chef de l'Etat, de chef de l'exécutif et de chef de la majorité ou de l'opposition (en cas de cohabitation), souligne M. Maus. "Un nœud extrêmement compliqué" qui ne se dénouerait, selon lui, qu'en inversant à nouveau le calendrier pour redonner leur légitimité au Parlement et au gouvernement.

Le débat en tous cas, peut percuter le président lors du 14-Juillet - intervention traditionnelle sur l'opportunité de laquelle M. Sarkozy s'interroge, selon Libération du 13 juillet. Et ce au moment où la légitimité de M. Chirac est mise à mal par le non sans appel au référendum du 29 mai. Une arme, comme la dissolution, qui lui a servi à se tirer une balle dans le pied.

Béatrice Gurrey
Article paru dans l'édition du 14.07.05
Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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Mercredi 20 juillet 2005

Le roi est nu

LE MONDE | 13.07.05 | 14h08  •  Mis à jour le 13.07.05 | 14h08

Le rite instauré par François Mitterrand sera respecté. Pour la onzième fois depuis sa première élection, en 1995, Jacques Chirac va sacrifier à l'usage de l'entretien télévisé que Nicolas Sarkozy semble juger dépassé. Au plus bas dans les sondages, sonné par une accumulation de revers en six semaines ­ la victoire du non au référendum du 29 mai, une défaite en rase campagne face à Tony Blair au sommet européen des 16 et 17 juin à Bruxelles, enfin des Jeux olympiques qui échappent à Paris au profit de Londres­, M. Chirac peine à trouver la recette qui lui éviterait de connaître une fin de règne calamiteuse.

Le président de la République est aussi mal en point que des institutions, de plus en plus grippées, dont il est le gardien. Il incarne à lui seul un paradoxe. La réforme de 2000, qui lui avait été imposée par Lionel Jospin et Valéry Giscard d'Estaing, ramenant de sept à cinq ans la durée du mandat présidentiel, a instauré un quinquennat sec. Elle n'a été accompagnée d'aucune redéfinition des rôles du président de la République et du premier ministre.

L'inversion du calendrier, plaçant, là encore à l'initiative de M. Jospin, l'élection présidentielle avant les élections législatives, a encore accentué la présidentialisation de la Ve République. Le chef de l'Etat s'appuie sur une majorité présidentielle, et le premier ministre, loin de déterminer et conduire la politique du pays, comme le lui assigne la Constitution, est réduit au rôle de super intendant ou, pis, de factotum.

Irresponsable politiquement, M. Chirac concentre un arsenal impressionnant de pouvoirs : chef de l'Etat, chef de l'exécutif et du gouvernement, chef de la majorité, chef des armées, gardien de l'indépendance de la justice, vis-à-vis de laquelle il s'est mis soigneusement à l'abri afin de ne pas avoir à lui rendre des comptes.

M. Chirac a revêtu peu à peu les habits du monarque républicain mais, dans les faits, en enchaînant les revers, il s'est dépouillé des attributs de l'autorité. Le roi est nu. Le grippage des institutions s'est accentué depuis la nomination de Dominique de Villepin à Matignon. M. Chirac a choisi un fidèle, mais celui-ci ne se voit pas, comme l'était devenu Jean-Pierre Raffarin, en simple directeur de cabinet du président. Il n'a de cesse, compte tenu de l'affaiblissement de M. Chirac, de conquérir un espace autonome.

Plusieurs phénomènes accentuent cette crise institutionnelle. Contre ses propres principes, M. Chirac a fait du chef du parti majoritaire, qui brigue sa succession, le numéro deux de son gouvernement. Le recours aux ordonnances, choisi par M. de Villepin, a dévalorisé un peu plus encore le rôle du Parlement. Au Sénat, une atmosphère de fin de règne et de règlements de comptes marque la présidence de Christian Poncelet, réélu pour un ultime mandat en septembre 2004. Et le monarque de l'Elysée est prisonnier de son impuissance à agir. Il ressemble de plus en plus au quetzal, cet oiseau d'Amérique latine qui cesse de chanter quand il est en cage. Claude Allègre avait appliqué, en 2001, cette métaphore à... M. Jospin.

Article paru dans l'édition du 14.07.05
Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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Lundi 11 juillet 2005

JO : Nouvelle claque pour Chirac...
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Après le non à la Constitution, il comptait sur un oui à Paris 2012. Perdu.

Par Antoine GUIRAL
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jeudi 07 juillet 2005 (Liberation - 06:00)
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un chat noir a-t-il pris ses quartiers à l'Elysée ? Ou tout simplement, Jacques Chirac a-t-il définitivement perdu la main ? Un mois après son échec au référendum sur la Constitution européenne, ce nouveau revers enterre un peu plus le chef de l'Etat. Il sonne aussi le glas de la «méthode Chirac» et d'une manière dépassée de faire de la politique. En France comme sur la scène internationale, Jacques Chirac n'est plus dans l'air du temps. Il ne suffit plus d'aller serrer pendant quelques minutes des dizaines de mains de membres du CIO ou de flatter les huiles sportives croisées sur son chemin comme dans un comice agricole, comme il l'a fait hier à Singapour après son discours en distribuant accolades et bons mots. Inefficace aux yeux des Français pour résoudre les problèmes de l'emploi, le président de la République l'est également pour aider Paris à décrocher les Jeux olympiques. Suprême humiliation pour celui qui a placé son quinquennat sous le signe de l'international, les membres du jury sont restés insensibles aux paroles qu'il leur a servies hier sur «le dialogue entre les peuples et entre les cultures». Pour le plus grand bonheur de George Bush et, surtout, de Tony Blair, qui ont accueilli hier leur ami «Jacques le Loser» au G8 de Gleneagles.

«Quelle catastrophe... C'est une humiliation ! Les JO à Madrid ou ailleurs, n'importe où, mais pas à Londres, pas en ce moment!», se lamentait hier un ministre ultrachiraquien à l'annonce du résultat. L'Elysée misait pourtant gros sur l'attribution des JO pour surfer sur cette bonne nouvelle et tenter de rebooster la fin de mandat de Jacques Chirac. C'est raté. «Le 14 Juillet, ce devait être Iter et les JO. C'était ça le rebond escompté. Maintenant il va falloir trouver autre chose, mais quoi, pffouuu...», poursuivait ce même ministre, l'air déconfit. Un conseiller du chef de l'Etat évoquait hier «un climat plus dynamisant» si la France avait gagné les Jeux mais s'attachait d'abord à relativiser l'échec : «Jacques Chirac est attendu sur des questions beaucoup plus importantes que les JO par les Français. C'est un événement sportif et il faut être sportif.» Toujours prompt à se jeter sur le moindre succès français et à coller aux émotions de ses compatriotes, le président de la République avait déjà son sujet tout trouvé pour sa traditionnelle intervention télévisée du 14 Juillet. Patatras, il devra dénicher autre chose et se rabattre sur Iter, ce projet international de réacteur de fusion nucléaire dont la France a obtenu, fin juin, la construction sur son sol au détriment du Japon. Peu de chose au regard de l'impact psychologique sur le pays d'une victoire olympique.

Au plus bas dans les sondages en 1998, le chef de l'Etat s'était émerveillé de sa spectaculaire remontée après la victoire des Bleus à la Coupe du monde. Avec les JO, il espérait à nouveau se refaire une santé à peu de frais avant l'été. Un sondage Ifop publié dans Paris Match cette semaine avait commencé à lui redonner le moral : pour la première fois depuis le référendum, il progresse de 7 points avec 35 % des Français approuvant son action. L'embellie pourrait être de courte durée pour celui qui aimait à se présenter en super-VRP de «l'entreprise France» et se posait en champion de la lutte contre «le pessimisme ambiant». C'est à un pays plutôt déprimé et qui aura encore un peu moins confiance en lui qu'il va s'adresser la semaine prochaine. Il aura toutes les peines à être crédible pour expliquer que tout ne va pas si mal et que «le chômage ne progresse plus depuis deux mois», comme le dit un de ses proches.

En mal de sujets consensuels et fédérateurs pour essayer de ressouder les Français autour de sa personne, Jacques Chirac est resté le plus discret possible depuis le 29 mai en dehors de ses rendez-vous internationaux. Un début d'hibernation qui pourrait bien durer jusqu'à la présidentielle de 2007.

Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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Lundi 27 juin 2005


L'aigle était un pigeon. Dominique de Villepin promettait, canons et tambours, de redonner confiance "en cent jours ". Premier ministre, il a prononcé à l'Assemblée une déclaration de politique générale à la hauteur d'un technocrate du ministère des affaires sociales. Puis, la seule vraie mesure de son plan de lutte contre le chômage, le contrat dit "nouvelle embauche", a perdu cette semaine tout son caractère innovant à l'issue des pressions syndicales. Le plan est vidé.

L'histoire dira pourquoi celui qui se voyait à Matignon depuis si longtemps, qui a été prévenu de longue date par Jacques Chirac de s'y préparer, est arrivé sans plan de campagne, sans vision, a hésité quatre jours entre les lignes contradictoires de MM. Breton et Borloo, pour se faire finalement rôtir et manger par les syndicats les quatre jours suivants.

ÉCRIT D'AVANCE

En vérité, l'histoire ne dira rien. Il est à parier que cette médiocre période de fin du règne chiraquien n'intéressera que peu d'historiens. Tout est écrit d'avance : un an à attendre le début de la campagne présidentielle, un an de campagne. Puis le changement de président.

Exagération ? Prenez les événements des derniers jours. Tout indique une nette accélération de la dégradation du pays et l'on ne parle pas ici de la perte d'influence de la France sur la scène européenne et des victoires que remporte Tony Blair et qu'il va remporter pendant ses "deux cents jours" à lui de présidence de l'Union.

Vendredi 17 juin, l'Insee indique que la France détruit des emplois au lieu d'en créer : 6 000 postes nets ont disparu au premier trimestre. Le deuxième trimestre s'annonce tout aussi mauvais. Au deuxième semestre, le résultat serait positif mais presque uniquement grâce aux aides de l'Etat. La France de l'emploi est la France des fonctionnaires et des subventions.

Lundi 20, la commission des comptes de la Sécurité sociale fait savoir que le déficit se creuse. Il devrait atteindre cette année 11,4 milliards d'euros au lieu des 10,2 milliards prévus. Le trou serait donc équivalent à celui de l'an passé. Le plan de l'ex-ministre de la santé Douste-Blazy n'est d'aucun effet.

DETTE EXPLOSIVE

Le même jour, le ministère des finances publie le chiffre de la balance des transactions courantes du pays : le déficit a plongé à 3,3 milliards d'euros en avril. Quatrième mois dans le rouge. Cette statistique témoigne de la dégradation des positions commerciales françaises depuis 2000. Faute de s'être replacée sectoriellement vers le haut de gamme et géographiquement vers l'Asie et l'Amérique, la France a perdu 0,5 point de parts du marché mondial, soit 10 % de ses positions qui ont reculé de 5,3 % en 2000 à 4,8 % en 2004, selon l'OCDE.

Mardi 21, le ministère du budget publie une analyse qui souligne que "les régions ont fortement accru leur pression fiscale directe" pour financer des dépenses en hausse de 13,1 % cette année. Cette explosion "ne s'explique pas par des transferts de compétence de Paris aux régions" , précise le ministère, qui déplore ces impôts en plus et appelle à "une modération des dépenses locales" .

Le même jour, le gouverneur de la Banque de France dénonce "la dynamique explosive de la dette publique" , passée de 56,2 % du PIB en 2001 à 64,7 % en 2004. Il souligne, par ailleurs, dans sa lettre au président de la République, que l'investissement des entreprises a stagné depuis quatre ans.

SOUS LA MOYENNE

Mercredi 22, l'Insee révise à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année. Elle ne serait que de 1,5 %, très en deçà de l'espoir de 2 % du gouvernement. Le premier semestre marque " un ralentissement précipité" . Même si le second est un peu meilleur, ce chiffre indique que la France a cessé d'être au-dessus de la moyenne européenne comme elle l'a été ces huit dernières années. Elle est descendue au-dessous. L'Insee pronostique qu'en conséquence, et malgré les dispositifs du gouvernement, le taux de chômage finirait l'année à 9,8 % contre 10 % l'an passé. Le mercredi précédent, le ministre "de la cohésion sociale" avait promis une baisse "significative" cette année.

Jeudi 23, le ministre des finances présente "un diagnostic de la situation de l'économie française" . Il écrit que le pays "vit au-dessus de ses moyens" et qu'il faut "plus de croissance" pour financer le modèle social français. "Un diagnostic bien vu, commente Eric Chaney, chef économiste de Morgan Stanley, mais le ministre ne propose que de toutes petites réformes ."

Vendredi 24, le journal Les Echos indique que M. de Villepin " renonce à amplifier la baisse du nombre de fonctionnaires" en 2006, comme promis par son prédécesseur.

DOUBLE ÉCHEC

Reprenons : emplois et chômage, croissance et compétitivité, déficits et budgets, les indicateurs de la France vont dramatiquement dans le mauvais sens. Mais, pourtant, il ne se passera rien. Le déshabillage du plan pour l'emploi et les premières indications budgétaires montrent que le gouvernement Villepin craint les syndicats. Mais il n'ose pas, non plus, sortir des contraintes maastrichtiennes. Ni droite ni gauche, une telle voie étroite, dans le contexte d'une croissance très faible, est impraticable, sauf à signifier pseudo-réformes et pseudo-rigueur, bref, faux-semblants. Et, en conséquence, rien n'est fait sur les causes structurelles de la dégradation économique profonde et rien n'est fait non plus pour stopper les déficits. Double échec.

Après deux ans d'un tel immobilisme, où en sera la France ? Notre part du marché mondial sera descendue à 4 %, selon l'économiste Laure Maillard, d'Ixis. Le solde courant structurellement négatif du commerce extérieur abaissera la croissance. Le déficit public restera autour de la zone de 3 %, niveau qui continue d'aggraver la dette. La croissance "potentielle" du pays aura encore perdu de ses forces pour retomber autour de 1,4 %. Le chômage structurel (de long terme donc très difficile à attaquer) sera, en conséquence, remonté à 9,2 %.

Le nouveau président héritera, en mai 2007, de cette catastrophe.

Eric Le Boucher
Article paru dans l'édition du 26.06.05

Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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Vendredi 24 juin 2005
Un vent mauvais souffle sur l'Elysée, contre lequel Jacques Chirac a le plus grand mal à lutter. Après le non au référendum du 29 mai, après le désastreux sommet de Bruxelles des 16 et 17 juin, où la Constitution européenne a été gelée et le budget des 25 bloqué, le président, déstabilisé, s'efforce de reprendre la main. Sans paraître certain de la voie à emprunter, alors qu'il mécontente 70 % des Français, comme l'indique le sondage IFOP-JDD, paru le 19 juin.

M. Hollande : "Un monarque finissant"
Interrogé par Le Monde , dimanche 19 juin, sur le rôle et l'affaiblissement de Jacques Chirac, François Hollande fustige "un monarque finissant" . "Il est dans une fin de règne qui s'écoule avec quelques raz-de-marée électoraux , juge le premier secrétaire du PS. Mais, sauf crise sociale majeure, que personne ne peut souhaiter, Jacques Chirac ne s'en ira pas." M. Hollande ne prête pas foi aux rumeurs qui évoquent, de façon persistante dans son parti, une dissolution. "Son seul objectif est de durer" , affirme-t-il à propos du président de la République.
Il faudra donc attendre 2007. "Les institutions de la Ve [République] permettent de tenir, elles sont extrêmement protectrices" , estime le dirigeant socialiste. Certes, de Gaulle "avait introduit un principe de responsabilité, mais Jacques Chirac ne le met pas en oeuvre malgré un référendum raté, le deuxième dans l'histoire de la Ve". Pour M. Hollande, "l'erreur serait toutefois de se focaliser" sur le chef de l'Etat, "et de l'isoler, dans la droite, de Sarkozy et de Villepin" .
 

 
Libéralisme ou altermondialisme ? Villepin ou Sarkozy ? Gros gouvernement ou équipe resserrée ? Implication personnelle ou mise aux abris ? Le président donne l'impression de ne plus rien choisir. "La dernière fois qu'il a renversé la table, c'était en 1997, avec la dissolution. Depuis, il a du mal à trancher" , constate un familier de l'Elysée.

Lundi 20 juin, le président inaugure la conférence internationale de Paris sur la microfinance, organisée par la France sur la proposition qu'il avait lancée au G8 de Sea Island (Etats-Unis), en juin 2004. Le développement du microcrédit, destiné à aider les exclus des prêts bancaires à monter des projets économiques, était aussi l'une des initiatives annoncées lors de ses voeux, en janvier.

Et c'est l'une des réponses ­ modeste mais efficace ­ au libéralisme débridé que Jacques Chirac affirme vouloir contrer. Dans la même veine, il décorait, le 14 juin, le Père Francisco Van der Hoff, fondateur du commerce équitable, en notant l'engouement naissant des consommateurs pour cette forme d'économie éthique.

Mais, pour l'économie du pays, il s'en remet à une méthode indéfinie. "Le seul critère, c'est l'efficacité" , a-t-il dit le 31 mai, en annonçant, de façon inédite, la nomination de son premier ministre, Dominique de Villepin, et celle de Nicolas Sarkozy, quasi intronisé premier ministre bis.

Ce que ses proches craignaient est arrivé : "s'il perd le référendum, d'une certaine manière, il abandonnera. Il laissera Villepin et Sarkozy s'entretuer parce que cela ne le concernera plus" , disait l'un d'entre eux avant le 29 mai. Un autre ajoutait : "Il lui restera l'international. Encore que son influence sera très amoindrie si le non l'emporte." Dans leurs pires cauchemars, ses amis ne pouvaient sans doute imaginer la débâcle du sommet de Bruxelles.

Il y figure nettement dans le club des perdants. Ses soutiens ? Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois et président sortant de l'Union, qui commence à regretter d'avoir recours au référendum dans son pays. Et Gerhard Schröder, en mauvaise posture pour les élections anticipées de l'automne, face à sa rivale de la CDU, Angela Merkel. Même le président du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, avec qui il entretenait les meilleures relations, lui a fait défaut, se rangeant à Bruxelles aux côtés de Tony Blair, des Hollandais, des Suédois et des Finlandais.

A l'intérieur, le chef de l'Etat n'a pas plus maîtrisé la composition du gouvernement. Dominique de Villepin a tranché au sabre ­ 17 sortants ­ et le président l'a laissé faire. Bien sûr, M. Chirac a téléphoné à quelques bannis, se disant consterné par leur départ. Bien sûr, il a tout fait pour en recaser certains, proposant ainsi à Michel Barnier un poste au Conseil d'Etat, que ce dernier a refusé. Ou encore à Xavier Darcos un poste d'ambassadeur auprès de l'OCDE, accepté.

Les exclus du Villepin I se sont téléphoné, ont déjeuné ensemble, et ont remâché leur amertume. Etre viré pour faire un gouvernement aussi peu imaginatif, ont-ils maugréé... Le fidèle chiraquien Frédéric de Saint-Sernin ne répond plus au téléphone. Restera-t-il conseiller à l'Elysée, dont il fut longtemps le "M. sondages" ? Il n'en sait rien et ne veut pas en parler. C'est au nouveau premier ministre que les sortants en veulent, pas tellement au président : ce dernier leur paraît, au fond, plutôt dépassé par les événements...

A l'Elysée même, les opinions s'affrontent sur la conduite à tenir, comme pendant la campagne. Que ce soit sur le code du travail, dont certains prônent la réforme, ou sur les interventions du président. Nul ne sait ce que veut le chef de l'Etat et la préparation du 14 Juillet s'annonce difficile.

SAUVÉ PAR LES J.O. ?

Le seul événement qui pourrait redonner un élan collectif au pays, et sauver cette intervention rituelle du président de la République, serait d'obtenir les Jeux olympiques pour Paris, le 6 juillet, à Singapour. Certains chiraquiens, et même le socialiste Bertrand Delanoë, s'appuyant sur le crédit dont bénéficie encore M. Chirac auprès du Comité international olympique (CIO), l'exhortent depuis des semaines à venir présenter lui-même la candidature de Paris à Singapour. Après tout, M. Blair ne viendra-t-il pas y faire son lobbying pour Londres, à l'avant-veille de la décision ?

M. Chirac n'arrive pas à se décider. "Ce n'est pas tranché" , lâche Claude Chirac. Le calendrier est délicat, il est vrai, puisque le G8 commence le jour des présentations de candidature. Mais il y a autre chose : comment ne pas être associé à Guy Drut, l'ancien ministre chiraquien, membre du CIO, qui s'est distingué au procès des marchés d'Ile-de-France, en disant "améliorer -son- ordinaire" avec un emploi auquel il a peiné à donner une vraie consistance. Les chiraquiens en ont été fous de rage. D'autant que les Britanniques, trop contents, ne se privent pas de porter le fer dans cette plaie. Toutefois, en différant encore sa décision, le président accrédite l'idée que la perspective d'un nouvel échec personnel, si la candidature de Paris était rejetée, le paralyse.

Béatrice Gurrey
Article paru dans l'édition du 21.06.05
Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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Samedi 18 juin 2005

Jacques Chirac est durablement affaibli par le double revers sur la Constitution et le budget

LE MONDE | 18.06.05 | 12h41  •  Mis à jour le 18.06.05 | 15h47
BRUXELLES de notre bureau européen
 
 
Le conseil européen à peine achevé, Jacques Chirac et Tony Blair ont cherché, au cours de deux conférences de presse séparées, à se renvoyer la responsabilité du naufrage budgétaire. "Je déplore que le Royaume-Uni se soit refusé à apporter une part raisonnable et équitable aux dépenses de l'élargissement" , a lancé le président français. C'est l'intransigeance britannique, a ajouté M. Chirac qui a conduit "quelques autres pays à la surenchère" . Et de fustiger "l'égoïsme affiché par deux à trois pays" . Un peu plus tôt, M. Blair avait affirmé : "L'Europe n'est pas la priorité d'un seul, mais de nous tous." Il s'était moqué, dans une allusion à M. Chirac, de "ceux qui ont dit autour de la table que la politique agricole était une politique moderne" .

M. Fabius s'en prend à MM. Blair et Chirac
Interrogé juste avant l'échec du Conseil, Laurent Fabius a estimé que Tony Blair et Jacques Chirac "portent une responsabilité" dans cette crise. "Le premier ministre britannique, parce qu'en réclamant son rabais en permanence, il veut une Europe au rabais. Et ça, on ne peut pas l'accepter", a expliqué le champion du non. Il a ajouté que "M. Chirac porte aussi une responsabilité parce que lui, il veut une diminution du budget global alors qu'on a besoin au contraire d'aider d'avantage la recherche, les technologies" . "C'est vrai que Jacques Chirac est affaibli parce que cela fait des années qu'on ne voit pas sa ligne européenne. Mais ce n'est pas parce que M. Chirac est affaibli que la France, elle, est affaiblie" , a-t-il indiqué. Pour M. Fabius, "ce que l'on voit au sommet de Bruxelles est révélateur d'une crise ancienne et profonde". "C'est cette crise là qui a créé les "non" [au référendum du 29 mai] et non pas les "non" qui ont créé la crise", a réaffirmé l'ex-numéro deux du Parti socialiste. Pour Jean-Marie Le Pen, Jacques Chirac est "un piètre négociateur, un européen honteux et n'ayant aucune vision politique à moyen et à long terme".

Pour le président français, l'échec de la discussion budgétaire et le gel de la Constitution sont bien plus dommageables que pour le premier ministre britannique. M. Blair s'est certes un peu isolé, mais il apparaît comme le nouvel homme fort de l'Europe. Jacques Chirac, après un non massif au référendum du 29 mai, revient de Bruxelles sans avoir remporté aucune bataille décisive ni s'être imposé comme le "sage" qui aurait su mettre tout le monde d'accord.

Ses qualités de stratège aussi ont été mises à mal. Ainsi a-t-il été surpris du ton peu aimable des commentaires de M. Blair après leur dernier entretien à l'Elysée, mardi 14 juin, alors que celui-ci lui avait paru "cordial et chaleureux" . Pendant la campagne du référendum, il a longtemps voulu se rassurer en pensant que M. Blair ne pourrait éviter d'organiser une consultation. Aujourd'hui, elle est reportée sine die.

CONCEPTIONS DIVERGENTES

C'est pourtant dans le domaine international que M. Chirac avait marqué des points depuis sa réélection en 2002. Avec constance, les sondeurs le créditent d'une forte cote de confiance sur le terrain diplomatique, un pic ayant été atteint pendant la guerre d'Irak. Ce nouvel échec sur le terrain européen risque d'affecter sa crédibilité sur la scène mondiale et, par ricochets, de l'affaiblir encore davantage sur la scène intérieure.

Dès le mois de mars, M. Chirac avait repris ses attaques, entamées dès 2002, contre le chèque britannique, en expliquant que celui-ci était "inacceptable" . Ces appels ont rencontré un certain succès, puisque vingt-quatre capitales réclamaient la mise en cause du "chèque britannique" . Forts de ces soutiens, les Français ont poursuivi leur offensive au cours du sommet, en laissant entendre dans l'après-midi qu'ils pourraient bouger, afin d'obliger les Britanniques à transiger.

Mais depuis quelques jours, M. Blair avait choisi de contre-attaquer sur la Politique agricole commune, dont la France est la principale bénéficiaire : "Le rabais existe du fait des distorsions qui persistent au niveau des dépenses de l'Union" , répétait-il. Face à un Jacques Chirac affaibli par le non français au référendum, M. Blair, qui vient d'obtenir un troisième mandat, a réussi à placer son rival sous pression durant toute la durée du Conseil, alors que les dépenses de la PAC sont en principe sanctuarisées jusqu'en 2013.

Derrière l'opposition entre les deux hommes pointent des conceptions divergentes de la construction européenne, et des leçons à tirer de la crise actuelle. "Ce n'est pas une question de relations personnelles mais de visions différentes" , a constaté M. Blair. Il s'est appuyé sur le rejet de la Constitution en France et aux Pays-Bas pour réclamer une refonte des politiques européennes. "Le non au référendum ne peut pas être ignoré" , a lancé M. Blair, pour justifier la mise en cause de la PAC au profit de la recherche et de l'éducation. "Il est temps de mener les réformes dont l'Europe a besoin" , a asséné M. Blair. A ses yeux, un compromis sur le budget aurait témoigné d'un progrès pour l'"Europe politique" , un an après l'élargissement. "L'essentiel n'est pas de savoir qui est le plus solidaire, mais de quelle solidarité l'on parle, ce n'est pas nécessairement celle d'il y a cinquante ans" , a-t-il poursuivi.

"Il y a eu un affrontement sur deux conceptions de l'Europe : ceux qui veulent le grand marché et rien d'autre (...) et ceux qui veulent une Europe politique intégrée" , a estimé le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker : "je pressentais depuis toujours que ce débat éclaterait un jour" , a-t-il dit. Minoritaire sur le budget, M. Blair sait que sa démarche et les performances économiques du Royaume-Uni, sont citées en exemple par une partie des Etats membres, en particulier parmi les pays de l'élargissement, ce qui n'est le cas du "modèle social" défendu par M. Chirac.

Salué par M. Juncker, le président français a également reçu l'appui du chancelier Schröder : "veut-on un marché doté de quelques instruments, ou veut-on une union politique avec tout ce que cela comporte ?" , a lancé ce dernier. Pour M. Schröder, "ce qui se passe en Chine, en Inde, en Amérique du Sud, exige une réponse politique de l'Europe, pas seulement économique" .

Mais le chancelier est lui aussi dans une position difficile. Sa rivale chrétienne-démocrate, Angela Merkel, est donnée gagnante lors des élections anticipées convoquées à l'automne. Qu'adviendra-t-il alors du couple franco-allemand ? M. Blair ne s'y est pas trompé, qui, lors de sa dernière visite à Berlin, est d'abord allé voir Mme Merkel, libérale en économie et favorable à une révision de la PAC, avant de rendre visite à M. Schröder.

Béatrice Gurrey et Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 19.06.05
Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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Samedi 18 juin 2005

On prend le même et on recommence...

http://www.liberation.fr/page.php?Article=305055

Sommet européen
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Mis hors jeu par ses pairs européens, le Président tente de recoller à son opinion.

Par Antoine GUIRAL
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samedi 18 juin 2005 (Liberation - 06:00)
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Bruxelles envoyé spécial

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une page s'est tournée pour Jacques Chirac jeudi et vendredi à Bruxelles. Arrivé ici très affaibli par le résultat du référendum en France, le chef de l'Etat n'a pas été ménagé par les autres dirigeants européens.

Avec Tony Blair à la manoeuvre, certains d'entre eux ont tenté de jeter les bases d'une nouvelle vision «plus moderne de l'Europe du XXIe siècle», comme dit le Premier ministre britannique. «Ce sommet consacre la victoire d'une Europe blairo-sarkozyste», assurait vendredi un diplomate de haut rang rattaché au Conseil européen. Cette Europe version Blair ambitionne de privilégier les «politiques d'avenir» (croissance, recherche, compétitivité des entreprises...) au détriment de la politique agricole commune (PAC), défendue bec et ongles par Jacques Chirac. Malmené durant deux jours, le président français n'a pas accepté de remise en cause de la PAC arguant qu'il est «aberrant de la qualifier d'obsolète» alors qu'elle a permis à l'Europe de se doter d'une agriculture exportatrice.

Jacques Chirac s'est par ailleurs vu signifier par ses pairs, qui ont renvoyé sine die l'adoption du projet de Constitution, qu'ils ne comptaient pas sur lui pour réaborder ce sujet avec la France.

Mises en garde. Hors jeu à Bruxelles, où il a enchaîné les flops, le président de la République s'est donc efforcé de recoller à l'opinion publique hexagonale en distillant durant ces deux jours plusieurs messages à forte connotation franco-française. «Comment répondre aux Européens pour les rassurer et leur donner le goût de l'Europe?» s'interrogeait-il à Paris avant son départ, comme s'il se demandait comment répondre aux Français et leur donner le goût de Chirac... Du coup, il a multiplié les mises en garde «pour que l'Union mette en oeuvre des politiques répondant mieux aux questions soulevées par les citoyens dans leur vie quotidienne et dans leur travail». Dans la même veine, il a lancé un appel pour que «l'Europe fonctionne différemment, soit mieux à l'écoute et puisse protéger davantage» ses habitants. Pas question, a-t-il répété à plusieurs reprises, de céder sur «le modèle social» européen, qui est selon lui d'inspiration française, et se traduit par une «volonté d'harmoniser par le haut et non par le bas».

Jacques Chirac s'est également posé en porte-parole des Français qui ont «mal compris et mal vécu l'élargissement», comme le dit son entourage. «L'Union peut-elle continuer à s'étendre sans que nous ayons les institutions capables de faire fonctionner efficacement cette Union élargie?» a-il lancé, sans citer la Turquie : «Sans institutions rénovées, peut-on encore élargir ? La question mérite d'être posée.»

Réponses claires. Enfin, sans remettre en cause les négociations d'adhésion d'Ankara à l'Union ­ ouvertement contestées la semaine dernière par Nicolas Sarkozy ­ qui doivent s'ouvrir le 3 octobre, Jacques Chirac a, mine de rien, durci le ton faisant savoir que la France exigerait des «réponses claires» sur plusieurs critères, comme Chypre et la réforme du droit pénal. Qu'ils soient souverainistes ou sociaux, les nonistes auraient-ils trouvé leur chef ?

Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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Samedi 18 juin 2005

à signer sur appel-dixhuit-juin.chirac-demission@laposte.net

APPEL DU 18 JUIN.

 

 NOUS RÉCLAMONS LA DÉMISSION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE. 

 

L’appel du 18 juin du général de Gaulle aura 65 ans cette année. Cette année également, nous fêtons les 10 ans de l’élection de Monsieur Jacques Chirac à la Présidence de la République. Alors que le référendum sur le traité constitutionnel européen, de l’initiative de M. Chirac, vient d’être massivement désapprouvé par les électeurs, la question de la légitimité du Président de la République à rester à son poste est directement posée.

Nous pensons que Monsieur Chirac doit partir.

 

Depuis 1995, sa pratique politique a plus d’une fois mis en péril les institutions dont il se veut l’héritier, et plus généralement, son incapacité propre à privilégier les intérêts de la France sur ses intérêts personnels ont miné nos intérêts en France, en Europe et dans le monde. Monsieur Chirac a trahi l’espérance que 82% d’électeurs avaient placé en lui, lors de sa réélection en mai 2002. Aujourd’hui, le rejet massif dont il est l’objet interdit au pouvoir exécutif français, dans le pays et dans le monde, toute possibilité d’action.

 

Tous les acteurs internationaux attendent un changement politique pour travailler avec la France. Le Chef de l’Etat a dû accepter que le n°2 du nouveau gouvernement soit le chef du parti majoritaire, ce qu’il avait virilement refusé il y a encore un an. La France est aujourd’hui dans une impasse, elle est parvenue à un degré jamais atteint de paralysie institutionnelle, mais aussi de discrédit. Il n’y a rien à attendre des deux prochaines années si le pouvoir politique reste celui-ci, en-dehors d’une aggravation inquiétante de la crise économique, sociale et politique que nous subissons.

Le bilan des années Chirac est désastreux. Depuis 1995 nous lui devons…

  • * Le mouvement social le plus massif depuis mai 1968, en novembre et décembre 1995, 6 mois après son élection, suite à son reniement de la lutte contre la « fracture sociale », son thème central de campagne, et à la réforme Juppé des retraites et de la Sécurité Sociale.
  • * Une situation économique et sociale au contraire aggravée : croissance absente, chômage à la comptabilité tronquée et en croissance continue, profonde souffrance sociale (nombre record de RMistes, de « travailleurs pauvres » et précaires, débordement des commissions de surendettement, d’accès au logement social…).
  • * La fuite de M. Chirac, Jacques, devant ses juges, et les démêlés de ses plus proches anciens collaborateurs avec la justice (Mrs/Mmes Alain Juppé, Jean et Xavière Tibéri, Michel Giraud, Michel Roussin, Louise-Yvonne Cassetta, Lucette Michaux-Chevry, Jean-Claude Méry et sa cassette…).
  • * La dissolution ratée de l’Assemblée Nationale de 1997, suivie d’une cohabitation de 5 ans, avec l’affaiblissement institutionnel qui en a découlé.
  • * Le quinquennat que lui a imposé la gauche et une partie de la droite en 2000, malgré son opposition de longue date à cette réduction de la durée du mandat présidentiel. Le référendum qui a entériné ce choix imposé a battu tous les records d’abstention existants (plus de 70 %).
  • * Son inconséquence quant aux suites à donner à ce passage au quinquennat, en particulier sur l’inutilité de fait du poste de Premier Ministre, privé désormais de toute capacité d’action propre.
  • * Le résultat du 1° tour de l’élection présidentielle, le 21 avril 2002, où l’extrême-droite a pour la première fois pu se maintenir au second tour, ce qui a acté le bilan du principe même de la cohabitation acceptée par M. Chirac.
  • * Une politique européenne désastreuse : « moteur » franco-allemand au point mort depuis 1995, rupture avec les nouveaux membres issus des pays de l’Est, Traité de Nice plus mauvais traité européen signé, Constitution européenne, demandée par la France et rédigée sous l’autorité d’un ancien Président de la République français, massivement rejetée en France.
  • * Une politique internationale marginalisante : reprise des essais nucléaires en 1995, incapacité à peser au Moyen-Orient, mauvaises relations avec Israël, rupture sèche avec les Etats-Unis, pertes d’influence en Afrique.

 

Nous ne voulons pas d’un 21 avril bis aux prochaines élections présidentielles.

Nous refusons que la déliquescence économique et sociale en France attende encore deux ans.

Nous pensons que la France a besoin de profonds changements institutionnels.

Nous voulons que la France redevienne motrice en Europe et dans le monde.

 

Nous refusons de laisser aux extrémistes le thème de la démission du Chef de l’Etat,

qui est aujourd’hui devenue nécessaire au pays.

 

NOUS DEMANDONS A MONSIEUR JACQUES CHIRAC DE SE DÉMETTRE DE SON MANDAT,

ET D’ORGANNISER AU PLUS TARD AU DÉBUT 2006 DE NOUVELLES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES.

Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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