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Samedi 18 juin 2005

On prend le même et on recommence...

http://www.liberation.fr/page.php?Article=305055

Sommet européen
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Mis hors jeu par ses pairs européens, le Président tente de recoller à son opinion.

Par Antoine GUIRAL
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samedi 18 juin 2005 (Liberation - 06:00)
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Bruxelles envoyé spécial

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une page s'est tournée pour Jacques Chirac jeudi et vendredi à Bruxelles. Arrivé ici très affaibli par le résultat du référendum en France, le chef de l'Etat n'a pas été ménagé par les autres dirigeants européens.

Avec Tony Blair à la manoeuvre, certains d'entre eux ont tenté de jeter les bases d'une nouvelle vision «plus moderne de l'Europe du XXIe siècle», comme dit le Premier ministre britannique. «Ce sommet consacre la victoire d'une Europe blairo-sarkozyste», assurait vendredi un diplomate de haut rang rattaché au Conseil européen. Cette Europe version Blair ambitionne de privilégier les «politiques d'avenir» (croissance, recherche, compétitivité des entreprises...) au détriment de la politique agricole commune (PAC), défendue bec et ongles par Jacques Chirac. Malmené durant deux jours, le président français n'a pas accepté de remise en cause de la PAC arguant qu'il est «aberrant de la qualifier d'obsolète» alors qu'elle a permis à l'Europe de se doter d'une agriculture exportatrice.

Jacques Chirac s'est par ailleurs vu signifier par ses pairs, qui ont renvoyé sine die l'adoption du projet de Constitution, qu'ils ne comptaient pas sur lui pour réaborder ce sujet avec la France.

Mises en garde. Hors jeu à Bruxelles, où il a enchaîné les flops, le président de la République s'est donc efforcé de recoller à l'opinion publique hexagonale en distillant durant ces deux jours plusieurs messages à forte connotation franco-française. «Comment répondre aux Européens pour les rassurer et leur donner le goût de l'Europe?» s'interrogeait-il à Paris avant son départ, comme s'il se demandait comment répondre aux Français et leur donner le goût de Chirac... Du coup, il a multiplié les mises en garde «pour que l'Union mette en oeuvre des politiques répondant mieux aux questions soulevées par les citoyens dans leur vie quotidienne et dans leur travail». Dans la même veine, il a lancé un appel pour que «l'Europe fonctionne différemment, soit mieux à l'écoute et puisse protéger davantage» ses habitants. Pas question, a-t-il répété à plusieurs reprises, de céder sur «le modèle social» européen, qui est selon lui d'inspiration française, et se traduit par une «volonté d'harmoniser par le haut et non par le bas».

Jacques Chirac s'est également posé en porte-parole des Français qui ont «mal compris et mal vécu l'élargissement», comme le dit son entourage. «L'Union peut-elle continuer à s'étendre sans que nous ayons les institutions capables de faire fonctionner efficacement cette Union élargie?» a-il lancé, sans citer la Turquie : «Sans institutions rénovées, peut-on encore élargir ? La question mérite d'être posée.»

Réponses claires. Enfin, sans remettre en cause les négociations d'adhésion d'Ankara à l'Union ­ ouvertement contestées la semaine dernière par Nicolas Sarkozy ­ qui doivent s'ouvrir le 3 octobre, Jacques Chirac a, mine de rien, durci le ton faisant savoir que la France exigerait des «réponses claires» sur plusieurs critères, comme Chypre et la réforme du droit pénal. Qu'ils soient souverainistes ou sociaux, les nonistes auraient-ils trouvé leur chef ?

Par Thierry SEVEYRAT - Publié dans : appel.du.18.juin-chirac.demission
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