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appel.du.18.juin-chirac.demission

Jeudi 16 juin 2005

Je me permet de mettre en ligne cet article de Libération d'aujourd'hui, dont les titre et sous-titre sont éclairants :

Chirac, serial-loser vu de l'étranger.
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Depuis le 29 mai, le Président fait l'objet de toutes les attaques. Son départ est même souhaité.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=304417

 

il est l'homme malade de l'Europe. Un leader isolé, affaibli depuis la victoire du non le 29 mai et dont l'affaiblissement entraîne celui de l'Union. Et, tout d'abord, celle d'un couple franco-allemand qui en fut le moteur pendant un demi-siècle. Bien sûr, les diverses «exceptions françaises» suscitent aussi leur volée de bois vert, mais c'est d'abord Jacques Chirac, Européen de conviction tardive, qui en prend pour son grade chez les membres de l'UE.

«Un poids», «un perdant»

«Chirac n'a pas suivi l'exemple du grand Charles de Gaulle, qui, après avoir perdu son référendum, avait démissionné dans la même nuit, écrivait dans son éditorial le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung au lendemain de la déroute du référendum sur le traité constitutionnel. Et pourtant Chirac n'a jamais été aussi mal en point [...] Il y a beaucoup de perdants, mais le père de la défaite, le perdant de tous les perdants, c'est Jacques Chirac lui-même.» Trois jours plus tard, le très sérieux Financial Times Deutschland titrait «Bonjour tristesse : Chirac est devenu un poids pour l'Union européenne».

La presse italienne n'est guère plus tendre. «Le politicien qui a jeté dans la balance cinquante ans d'une extraordinaire carrière politique, et tout son prestige, est aujourd'hui un mort vivant: malgré la filiation affichée, Chirac n'est pas de Gaulle, lequel, en 1969, avait abandonné l'Elysée une heure après avoir pris connaissance du référendum sur la décentralisation», accuse Il Foglio, quotidien de la droite libérale. A gauche, la Repubblica est encore plus dure, soulignant sous la plume de l'un de ses grands éditorialistes que «l'échec chiraquien au référendum a provoqué une double crise en France et en Europe».

Alors que le climat s'envenime entre Londres et Paris sur le budget européen, les quotidiens britanniques sont encore plus assassins, notamment les tabloïds comme le Daily Mail, où Simon Heffer ferraille déjà depuis longtemps contre «Jacques l'escroc», l'accusant de lancer la bataille sur le chèque britannique comme diversion pour faire oublier les charges de corruption pesant contre lui.

Pour autant, la presse «de qualité» n'est guère plus tendre. Le Soir de Bruxelles résume : «Jacques Chirac sort carbonisé de l'échec du référendum. Non seulement le chef de l'Etat perd son pari européen, mais il reçoit de surcroît en plein visage l'échec d'une décennie entière d'impuissance.»

«Un combinard», «une plaie»

Désormais, le président français fait rire à ses dépens. Et, en premier lieu, dans les couloirs de la Commission, à Bruxelles. «Il y a un contraste saisissant entre la solennité de ses propos et le grotesque de sa situation après le massif désaveu exprimé lors du référendum», ironise un haut fonctionnaire européen. «Pendant longtemps, nous avons admiré l'animal politique qui a réussi à amener son mouvement, très divisé sur l'Europe, à une position proeuropéenne. Mais, aujourd'hui, Chirac est devenu une plaie pour l'UE, estime un expert chargé de mission auprès du gouvernement allemand. Il n'a pas été capable de partir au bon moment. Par égotisme ? Ou sénilité ? L'Europe ne peut pas se permettre de perdre encore deux ans. Il doit démissionner.»

Nombre d'experts d'autres capitales européennes sont peu ou prou du même avis, et ne sont guère rassurés par le nouveau gouvernement de l'après-référendum. «Les choses s'étaient améliorées après que Michel Barnier, bon connaisseur des dossiers européens et des nouveaux membres, s'était installé au Quai d'Orsay. Mais il a été l'une des victimes du remaniement. Et nous sommes consternés par le choix de son successeur», avoue un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères d'un des nouveaux membres d'Europe centrale. Le président du Parlement polonais, Wlodzimierz Cimoszewicz, ex-ministre des Affaires étrangères, a déclaré au quotidien Gazeta que «la France se trouve au bord d'un affaiblissement exceptionnel de sa position en Europe».

En fait, tous s'interrogent sur les raisons des échecs à répétition ­ depuis la dissolution de 1997 jusqu'au référendum ­ d'un politicien éprouvé qui se targue de bien sentir son pays. «J'avais dit à Chirac qu'un référendum ne répond jamais à la question qui est posée, raconte Romano Prodi, ancien président de la Commission et leader de l'opposition de centre gauche italien. Mais il était plus que sûr d'un résultat positif... Il préférait avoir une Constitution encore plus forte, renforcée par un oui français.» Gianfranco Fini, ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Berlusconi, pourfend lui aussi «cette erreur du président Chirac d'avoir voulu utiliser politiquement le référendum». Un expert et universitaire britannique, bon connaisseur de la France, remarquait, lapidaire, après la débâcle du référendum : «Comment voulez-vous qu'un type qui gère d'abord ses intérêts personnels puisse convaincre les Français ?» Beaucoup, outre-Manche, redoutent que le président français use de «ses combines habituelles». Travaillistes, libéraux démocrates et conservateurs s'accordent sur ce point, soulignant la «faiblesse chiraquienne», mais aussi l'incapacité des gouvernements français successifs à lutter efficacement contre le chômage.

Un dinosaure, «un inconstant»

Cet acharnement contre Jacques Chirac est d'autant plus fort que le contentieux est ancien. En Grande-Bretagne, déjà l'an dernier, un article du correspondant à Paris du Guardian soulignait comment Chirac usait et abusait de sa proximité avec ses concitoyens. «Comme les Français, il n'est pas toujours d'une honnêteté irréprochable», écrivait ce journaliste, rappelant que «comme les Français, il est inconstant, et ses multiples volte-face politiques lui ont paradoxalement longtemps valu la sympathie de ses électeurs.»

L'image présidentielle est encore plus mauvaise en Pologne, notamment parmi les jeunes. De même que le chancelier allemand Schröder, Chirac est perçu comme un dinosaure qui freine le développement de l'Europe en défendant des acquis sociaux démesurés et par le protectionnisme sur le marché du travail. Tous ont encore en mémoire la formule méprisante qu'il avait lancée en 2003, peu avant l'intervention américaine en Irak, approuvée par Varsovie et certains des futurs pays membres : «Vous avez perdu une bonne occasion de vous taire.» Chirac avait pourtant été l'un des plus fervents avocats de l'élargissement et de l'intégration de la Pologne dans l'UE. «Dommage que cette formule pèse encore si fort», déplore le politologue Roman Kuzniar, de l'Institut polonais des affaires publiques. «Certains hommes politiques se réjouissent de sa défaite en oubliant que c'est une défaite commune européenne.»

Par Thierry SEVEYRAT
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Samedi 18 juin 2005

J'ajoute cet article du Monde, de Béatrice Gurrey, paru le 05.06.05, et qui dit la même chose...

Comment Jacques Chirac a désacralisé le pouvoir.
LE MONDE | 04.06.05 | 14h47  .  Mis à jour le 06.06.05 | 12h04

Accédez à cet article sur Lemonde.fr
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-631760,36-658284,0.html

lace Stanislas, à Nancy, le 19 mai. Dans dix jours tout juste, les Français vont infliger à Jacques Chirac un non cuisant au référendum sur la Constitution européenne. Le président ne le sait pas encore, ou feint de l'ignorer. Il vient de défendre le projet européen avec ses homologues Gerhard Schröder et Aleksander Kwasniewski. L'Allemand et le Polonais prennent un peu de repos à une terrasse.

Le chef de l'Etat continue, infatigable, à serrer des mains. Il ne prend même pas le temps de s'asseoir, et le patron du café vient lui apporter lui-même une bière, qu'il avale à la volée. Ses yeux ne descendent sans doute pas jusqu'à terre. De petites affichettes vertes et roses, semées sur le pavé, devraient pourtant l'alarmer. "Chirac, dix ans ça suffit" , "Non à ! la Constitution" et, pis, une insulte qui rime avec démission. Le président continue à serrer des mains.

Jacques Chirac, c'est cela. Le grand gars chaleureux pour lequel on se bouscule et qui ne résiste pas au contact avec la foule. Et vice versa, malgré tout. Malgré les mensonges, malgré les promesses non tenues, malgré les contradictions. En dépit des années qui passent.

Le 29 mai marque un tournant, pourtant. Cette fois, les Français lui ont dit non. Et pas chichement. Ce n'est pas qu'ils souhaitent majoritairement qu'il s'en aille. Le chef de l'Etat a annoncé, avant le scrutin, qu'il resterait quel que soit le résultat, et les Français l'ont intégré. Mais ils ne veulent plus qu'il se représente. C'est aussi cela que signifie leur non.

Au lendemain du 21 avril 2002, le président réélu par 82 % des voix dit : "Cela m'oblige." Trois ans plus tard, l'impression qui domine est que cela ne l'a obligé à rien du tout. Une économie en berne, un pouv! oir usé et la détestable impression que les petits jeux du pou! voir et la guerre de succession vampirisent tout. Tel est le tableau qui s'offre aux yeux des Français.

"Giscard c'était la modernité, Mitterrand le changement. On a dit que Chirac c'était l'énergie. Energique et disponible" , analyse Jean-Marc Lech, coprésident du groupe Ipsos. Mais une énergie au service de quoi ? Pour beaucoup, le président n'a pas été à la hauteur de la situation, il n'a pas su imposer une vision, montrer le chemin, donner confiance.

"C'est tout sauf un guide. "Vous votez oui, vous votez non, on mangera quand même du gigot dimanche prochain. Je ferai comme les Français voudront". Il est un parfait reflet de la société, dans la dispersion de l'autorité" , dit encore Jean-Marc Lech. Au fond, dans la phase d'affaiblissement de la vie politique que traverse le pays, le président correspond bien à son époque. Mais qui est encore capable d'incarner l'aventure collective ? Quelqu'un qui connaît son Chirac admirablement résume avec tris! tesse et affection : "C'est un homme de coeur, pas un homme d'Etat."

De la monarchie républicaine finissante, il reste encore, bien sûr, tout le décorum et l'apparat. La Marseillaise, revue des troupes, décorations, réception de chefs d'Etat étrangers, discours, tout cela fonctionne à merveille. Jacques Chirac se montre aussi excellent dans les grandes occasions. Il sait rendre un hommage à la télévision lorsque meurt son prédécesseur, ou prononcer au moment où il faut et avec le ton qu'il faut un discours aussi important que celui du Vel' d'Hiv, reconnaissant pour la première fois la faute de l'Etat français dans la déportation des juifs. "Pour un soudard, il a de la dignité" , note l'un de ses anciens conseillers. Et, selon les enquêtes des sondeurs, les Français pensent qu'il représente bien le pays à l'étranger.

A-t-il, pourtant, la densité qui crée naturellement l'autorité ? "L'autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans l'éloign! ement. La proximité, c'est le contraire de l'autorité" , n! ote un gaulliste. C'est là, sans doute, qu'il faut voir les limites de la politique de communication et d'image du président. Mettant en scène alternativement la proximité et l'éloignement, mais souvent à contre-temps ou à contre-emploi. Ce fut le cas, notamment, le 14 avril, sur TF1, où Jacques Chirac est apparu débordé par la jeunesse. C'est là que l'on vit le plus cruellement, dans un télescopage de paillettes et de rage sociale, ce que voulait dire la désacralisation du pouvoir.

Béatrice Gurrey
Article paru dans l'édition du 05.06.05
Par Thierry SEVEYRAT
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Samedi 18 juin 2005

Courrier International cette fois, pour sortir du cadre franco-français et voir pour qui nous passons à l'étranger...

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=52186&provenance=france&bloc=15

Le dernier pari de Jacques Chirac.

 

La nomination de Dominique de Villepin au poste de Premier ministre est interprétée comme une nouvelle manoeuvre dilatoire du président Chirac. Cette décision n'est ni une réponse aux attentes des Français ni un moyen de restaurer l'image de la France, regrette la presse étrangère.
"Chirac mise tout sur Villepin", titre le quotidien anglais The Guardian. "Considérablement affaibli, le président français a choisi l'un de ses plus anciens alliés pour le tirer d'affaire. Ce que l'opposition et les divers commentateurs qualifient déjà de nouvelle erreur historique." Le quotidien belge Le Soir ironise : "L'émouvante cérémonie de passation de pouvoir à Matignon" se résume à un "jeu de chaises musicales".

Ce qui devait être "une contre-attaque libératoire" est avant tout interprété comme "un aveu de faiblesse" par la Süddeutsche Zeitung. Vu d'Allemagne, "Chirac a nommé un ami et un ennemi [c'est-à-dire Nicolas Sarkozy] à la tête de l'exécutif dans le seul but de se maintenir au pouvoir". L'ami en question, Dominique de Villepin, est décrit par le journal comme un homme "peu populaire, qui n'a jamais dû affronter le suffrage universel". Il est vrai que la nomination au poste de Premier ministre d'un professionnel du pouvoir, aux origines aristocratiques, n'est peut-être pas la meilleure réponse à la crise de représentation.

Pour The Independent, "c'est l'espoir de réformes qui s'est éloigné avec l''avènement' de Dominique de Villepin". "Après le cataclysme de dimanche dernier, largement motivé par des sentiments anticapitalistes, Chirac semble avoir opté pour un gouvernement de centre droit, interventionniste et probablement protectionniste." Les orientations économiques du futur gouvernement inquiètent également le Wall Street Journal Europe. "Sur le plan commercial, le nationalisme déclaré de Villepin ne devrait pas faciliter les négociations entre l'Union européenne et les Etats-Unis au sujet des subventions pour les compagnies aériennes", estime le quotidien, en référence au différend commercial entre Airbus et Boeing.

D'un point de vue diplomatique, la presse américaine se montre sceptique sur l'évolution des relations transatlantiques. L'International Herald Tribune rappelle notamment que "Dominique de Villepin est l'homme qui a enragé l'administration Bush avec ses critiques radicales au sujet de l'offensive contre l'Irak". Ce que souligne également The Wall Street Journal Europe : "Soucieux de restaurer son autorité et celle de son pays, le président a choisi pour Premier ministre l'aristocrate qui tentait il y a deux ans de rallier le monde à la position française au sujet de l'Irak."

Les journaux britanniques s'amusent déjà du futur duel entre le Premier ministre et le nouveau ministre de l'Intérieur. "Les rancunes personnelles envers Sarkozy ne sont pas seules en cause. Chirac a surtout voulu éviter que Sarkozy ne mette en oeuvre des réformes économiques libérales, qui auraient risqué de plonger le pays dans la paralysie", considère The Independent. Son confrère The Guardian ne se fait aucune illusion sur l'issue de ce duel : "Dans le combat qui s'annonce entre Villepin et Sarkozy en vue de la présidentielle de 2007, on trouve peu de gens pour miser sur Villepin."
JC Pascal
Par Thierry SEVEYRAT
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Samedi 18 juin 2005

à signer sur appel-dixhuit-juin.chirac-demission@laposte.net

APPEL DU 18 JUIN.

 

 NOUS RÉCLAMONS LA DÉMISSION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE. 

 

L’appel du 18 juin du général de Gaulle aura 65 ans cette année. Cette année également, nous fêtons les 10 ans de l’élection de Monsieur Jacques Chirac à la Présidence de la République. Alors que le référendum sur le traité constitutionnel européen, de l’initiative de M. Chirac, vient d’être massivement désapprouvé par les électeurs, la question de la légitimité du Président de la République à rester à son poste est directement posée.

Nous pensons que Monsieur Chirac doit partir.

 

Depuis 1995, sa pratique politique a plus d’une fois mis en péril les institutions dont il se veut l’héritier, et plus généralement, son incapacité propre à privilégier les intérêts de la France sur ses intérêts personnels ont miné nos intérêts en France, en Europe et dans le monde. Monsieur Chirac a trahi l’espérance que 82% d’électeurs avaient placé en lui, lors de sa réélection en mai 2002. Aujourd’hui, le rejet massif dont il est l’objet interdit au pouvoir exécutif français, dans le pays et dans le monde, toute possibilité d’action.

 

Tous les acteurs internationaux attendent un changement politique pour travailler avec la France. Le Chef de l’Etat a dû accepter que le n°2 du nouveau gouvernement soit le chef du parti majoritaire, ce qu’il avait virilement refusé il y a encore un an. La France est aujourd’hui dans une impasse, elle est parvenue à un degré jamais atteint de paralysie institutionnelle, mais aussi de discrédit. Il n’y a rien à attendre des deux prochaines années si le pouvoir politique reste celui-ci, en-dehors d’une aggravation inquiétante de la crise économique, sociale et politique que nous subissons.

Le bilan des années Chirac est désastreux. Depuis 1995 nous lui devons…

  • * Le mouvement social le plus massif depuis mai 1968, en novembre et décembre 1995, 6 mois après son élection, suite à son reniement de la lutte contre la « fracture sociale », son thème central de campagne, et à la réforme Juppé des retraites et de la Sécurité Sociale.
  • * Une situation économique et sociale au contraire aggravée : croissance absente, chômage à la comptabilité tronquée et en croissance continue, profonde souffrance sociale (nombre record de RMistes, de « travailleurs pauvres » et précaires, débordement des commissions de surendettement, d’accès au logement social…).
  • * La fuite de M. Chirac, Jacques, devant ses juges, et les démêlés de ses plus proches anciens collaborateurs avec la justice (Mrs/Mmes Alain Juppé, Jean et Xavière Tibéri, Michel Giraud, Michel Roussin, Louise-Yvonne Cassetta, Lucette Michaux-Chevry, Jean-Claude Méry et sa cassette…).
  • * La dissolution ratée de l’Assemblée Nationale de 1997, suivie d’une cohabitation de 5 ans, avec l’affaiblissement institutionnel qui en a découlé.
  • * Le quinquennat que lui a imposé la gauche et une partie de la droite en 2000, malgré son opposition de longue date à cette réduction de la durée du mandat présidentiel. Le référendum qui a entériné ce choix imposé a battu tous les records d’abstention existants (plus de 70 %).
  • * Son inconséquence quant aux suites à donner à ce passage au quinquennat, en particulier sur l’inutilité de fait du poste de Premier Ministre, privé désormais de toute capacité d’action propre.
  • * Le résultat du 1° tour de l’élection présidentielle, le 21 avril 2002, où l’extrême-droite a pour la première fois pu se maintenir au second tour, ce qui a acté le bilan du principe même de la cohabitation acceptée par M. Chirac.
  • * Une politique européenne désastreuse : « moteur » franco-allemand au point mort depuis 1995, rupture avec les nouveaux membres issus des pays de l’Est, Traité de Nice plus mauvais traité européen signé, Constitution européenne, demandée par la France et rédigée sous l’autorité d’un ancien Président de la République français, massivement rejetée en France.
  • * Une politique internationale marginalisante : reprise des essais nucléaires en 1995, incapacité à peser au Moyen-Orient, mauvaises relations avec Israël, rupture sèche avec les Etats-Unis, pertes d’influence en Afrique.

 

Nous ne voulons pas d’un 21 avril bis aux prochaines élections présidentielles.

Nous refusons que la déliquescence économique et sociale en France attende encore deux ans.

Nous pensons que la France a besoin de profonds changements institutionnels.

Nous voulons que la France redevienne motrice en Europe et dans le monde.

 

Nous refusons de laisser aux extrémistes le thème de la démission du Chef de l’Etat,

qui est aujourd’hui devenue nécessaire au pays.

 

NOUS DEMANDONS A MONSIEUR JACQUES CHIRAC DE SE DÉMETTRE DE SON MANDAT,

ET D’ORGANNISER AU PLUS TARD AU DÉBUT 2006 DE NOUVELLES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES.

Par Thierry SEVEYRAT
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Samedi 18 juin 2005

On prend le même et on recommence...

http://www.liberation.fr/page.php?Article=305055

Sommet européen
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Mis hors jeu par ses pairs européens, le Président tente de recoller à son opinion.

Par Antoine GUIRAL
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samedi 18 juin 2005 (Liberation - 06:00)
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Bruxelles envoyé spécial

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une page s'est tournée pour Jacques Chirac jeudi et vendredi à Bruxelles. Arrivé ici très affaibli par le résultat du référendum en France, le chef de l'Etat n'a pas été ménagé par les autres dirigeants européens.

Avec Tony Blair à la manoeuvre, certains d'entre eux ont tenté de jeter les bases d'une nouvelle vision «plus moderne de l'Europe du XXIe siècle», comme dit le Premier ministre britannique. «Ce sommet consacre la victoire d'une Europe blairo-sarkozyste», assurait vendredi un diplomate de haut rang rattaché au Conseil européen. Cette Europe version Blair ambitionne de privilégier les «politiques d'avenir» (croissance, recherche, compétitivité des entreprises...) au détriment de la politique agricole commune (PAC), défendue bec et ongles par Jacques Chirac. Malmené durant deux jours, le président français n'a pas accepté de remise en cause de la PAC arguant qu'il est «aberrant de la qualifier d'obsolète» alors qu'elle a permis à l'Europe de se doter d'une agriculture exportatrice.

Jacques Chirac s'est par ailleurs vu signifier par ses pairs, qui ont renvoyé sine die l'adoption du projet de Constitution, qu'ils ne comptaient pas sur lui pour réaborder ce sujet avec la France.

Mises en garde. Hors jeu à Bruxelles, où il a enchaîné les flops, le président de la République s'est donc efforcé de recoller à l'opinion publique hexagonale en distillant durant ces deux jours plusieurs messages à forte connotation franco-française. «Comment répondre aux Européens pour les rassurer et leur donner le goût de l'Europe?» s'interrogeait-il à Paris avant son départ, comme s'il se demandait comment répondre aux Français et leur donner le goût de Chirac... Du coup, il a multiplié les mises en garde «pour que l'Union mette en oeuvre des politiques répondant mieux aux questions soulevées par les citoyens dans leur vie quotidienne et dans leur travail». Dans la même veine, il a lancé un appel pour que «l'Europe fonctionne différemment, soit mieux à l'écoute et puisse protéger davantage» ses habitants. Pas question, a-t-il répété à plusieurs reprises, de céder sur «le modèle social» européen, qui est selon lui d'inspiration française, et se traduit par une «volonté d'harmoniser par le haut et non par le bas».

Jacques Chirac s'est également posé en porte-parole des Français qui ont «mal compris et mal vécu l'élargissement», comme le dit son entourage. «L'Union peut-elle continuer à s'étendre sans que nous ayons les institutions capables de faire fonctionner efficacement cette Union élargie?» a-il lancé, sans citer la Turquie : «Sans institutions rénovées, peut-on encore élargir ? La question mérite d'être posée.»

Réponses claires. Enfin, sans remettre en cause les négociations d'adhésion d'Ankara à l'Union ­ ouvertement contestées la semaine dernière par Nicolas Sarkozy ­ qui doivent s'ouvrir le 3 octobre, Jacques Chirac a, mine de rien, durci le ton faisant savoir que la France exigerait des «réponses claires» sur plusieurs critères, comme Chypre et la réforme du droit pénal. Qu'ils soient souverainistes ou sociaux, les nonistes auraient-ils trouvé leur chef ?

Par Thierry SEVEYRAT
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Samedi 18 juin 2005

Jacques Chirac est durablement affaibli par le double revers sur la Constitution et le budget

LE MONDE | 18.06.05 | 12h41  •  Mis à jour le 18.06.05 | 15h47
BRUXELLES de notre bureau européen
 
 
Le conseil européen à peine achevé, Jacques Chirac et Tony Blair ont cherché, au cours de deux conférences de presse séparées, à se renvoyer la responsabilité du naufrage budgétaire. "Je déplore que le Royaume-Uni se soit refusé à apporter une part raisonnable et équitable aux dépenses de l'élargissement" , a lancé le président français. C'est l'intransigeance britannique, a ajouté M. Chirac qui a conduit "quelques autres pays à la surenchère" . Et de fustiger "l'égoïsme affiché par deux à trois pays" . Un peu plus tôt, M. Blair avait affirmé : "L'Europe n'est pas la priorité d'un seul, mais de nous tous." Il s'était moqué, dans une allusion à M. Chirac, de "ceux qui ont dit autour de la table que la politique agricole était une politique moderne" .

M. Fabius s'en prend à MM. Blair et Chirac
Interrogé juste avant l'échec du Conseil, Laurent Fabius a estimé que Tony Blair et Jacques Chirac "portent une responsabilité" dans cette crise. "Le premier ministre britannique, parce qu'en réclamant son rabais en permanence, il veut une Europe au rabais. Et ça, on ne peut pas l'accepter", a expliqué le champion du non. Il a ajouté que "M. Chirac porte aussi une responsabilité parce que lui, il veut une diminution du budget global alors qu'on a besoin au contraire d'aider d'avantage la recherche, les technologies" . "C'est vrai que Jacques Chirac est affaibli parce que cela fait des années qu'on ne voit pas sa ligne européenne. Mais ce n'est pas parce que M. Chirac est affaibli que la France, elle, est affaiblie" , a-t-il indiqué. Pour M. Fabius, "ce que l'on voit au sommet de Bruxelles est révélateur d'une crise ancienne et profonde". "C'est cette crise là qui a créé les "non" [au référendum du 29 mai] et non pas les "non" qui ont créé la crise", a réaffirmé l'ex-numéro deux du Parti socialiste. Pour Jean-Marie Le Pen, Jacques Chirac est "un piètre négociateur, un européen honteux et n'ayant aucune vision politique à moyen et à long terme".

Pour le président français, l'échec de la discussion budgétaire et le gel de la Constitution sont bien plus dommageables que pour le premier ministre britannique. M. Blair s'est certes un peu isolé, mais il apparaît comme le nouvel homme fort de l'Europe. Jacques Chirac, après un non massif au référendum du 29 mai, revient de Bruxelles sans avoir remporté aucune bataille décisive ni s'être imposé comme le "sage" qui aurait su mettre tout le monde d'accord.

Ses qualités de stratège aussi ont été mises à mal. Ainsi a-t-il été surpris du ton peu aimable des commentaires de M. Blair après leur dernier entretien à l'Elysée, mardi 14 juin, alors que celui-ci lui avait paru "cordial et chaleureux" . Pendant la campagne du référendum, il a longtemps voulu se rassurer en pensant que M. Blair ne pourrait éviter d'organiser une consultation. Aujourd'hui, elle est reportée sine die.

CONCEPTIONS DIVERGENTES

C'est pourtant dans le domaine international que M. Chirac avait marqué des points depuis sa réélection en 2002. Avec constance, les sondeurs le créditent d'une forte cote de confiance sur le terrain diplomatique, un pic ayant été atteint pendant la guerre d'Irak. Ce nouvel échec sur le terrain européen risque d'affecter sa crédibilité sur la scène mondiale et, par ricochets, de l'affaiblir encore davantage sur la scène intérieure.

Dès le mois de mars, M. Chirac avait repris ses attaques, entamées dès 2002, contre le chèque britannique, en expliquant que celui-ci était "inacceptable" . Ces appels ont rencontré un certain succès, puisque vingt-quatre capitales réclamaient la mise en cause du "chèque britannique" . Forts de ces soutiens, les Français ont poursuivi leur offensive au cours du sommet, en laissant entendre dans l'après-midi qu'ils pourraient bouger, afin d'obliger les Britanniques à transiger.

Mais depuis quelques jours, M. Blair avait choisi de contre-attaquer sur la Politique agricole commune, dont la France est la principale bénéficiaire : "Le rabais existe du fait des distorsions qui persistent au niveau des dépenses de l'Union" , répétait-il. Face à un Jacques Chirac affaibli par le non français au référendum, M. Blair, qui vient d'obtenir un troisième mandat, a réussi à placer son rival sous pression durant toute la durée du Conseil, alors que les dépenses de la PAC sont en principe sanctuarisées jusqu'en 2013.

Derrière l'opposition entre les deux hommes pointent des conceptions divergentes de la construction européenne, et des leçons à tirer de la crise actuelle. "Ce n'est pas une question de relations personnelles mais de visions différentes" , a constaté M. Blair. Il s'est appuyé sur le rejet de la Constitution en France et aux Pays-Bas pour réclamer une refonte des politiques européennes. "Le non au référendum ne peut pas être ignoré" , a lancé M. Blair, pour justifier la mise en cause de la PAC au profit de la recherche et de l'éducation. "Il est temps de mener les réformes dont l'Europe a besoin" , a asséné M. Blair. A ses yeux, un compromis sur le budget aurait témoigné d'un progrès pour l'"Europe politique" , un an après l'élargissement. "L'essentiel n'est pas de savoir qui est le plus solidaire, mais de quelle solidarité l'on parle, ce n'est pas nécessairement celle d'il y a cinquante ans" , a-t-il poursuivi.

"Il y a eu un affrontement sur deux conceptions de l'Europe : ceux qui veulent le grand marché et rien d'autre (...) et ceux qui veulent une Europe politique intégrée" , a estimé le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker : "je pressentais depuis toujours que ce débat éclaterait un jour" , a-t-il dit. Minoritaire sur le budget, M. Blair sait que sa démarche et les performances économiques du Royaume-Uni, sont citées en exemple par une partie des Etats membres, en particulier parmi les pays de l'élargissement, ce qui n'est le cas du "modèle social" défendu par M. Chirac.

Salué par M. Juncker, le président français a également reçu l'appui du chancelier Schröder : "veut-on un marché doté de quelques instruments, ou veut-on une union politique avec tout ce que cela comporte ?" , a lancé ce dernier. Pour M. Schröder, "ce qui se passe en Chine, en Inde, en Amérique du Sud, exige une réponse politique de l'Europe, pas seulement économique" .

Mais le chancelier est lui aussi dans une position difficile. Sa rivale chrétienne-démocrate, Angela Merkel, est donnée gagnante lors des élections anticipées convoquées à l'automne. Qu'adviendra-t-il alors du couple franco-allemand ? M. Blair ne s'y est pas trompé, qui, lors de sa dernière visite à Berlin, est d'abord allé voir Mme Merkel, libérale en économie et favorable à une révision de la PAC, avant de rendre visite à M. Schröder.

Béatrice Gurrey et Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 19.06.05
Par Thierry SEVEYRAT
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Vendredi 24 juin 2005
Un vent mauvais souffle sur l'Elysée, contre lequel Jacques Chirac a le plus grand mal à lutter. Après le non au référendum du 29 mai, après le désastreux sommet de Bruxelles des 16 et 17 juin, où la Constitution européenne a été gelée et le budget des 25 bloqué, le président, déstabilisé, s'efforce de reprendre la main. Sans paraître certain de la voie à emprunter, alors qu'il mécontente 70 % des Français, comme l'indique le sondage IFOP-JDD, paru le 19 juin.

M. Hollande : "Un monarque finissant"
Interrogé par Le Monde , dimanche 19 juin, sur le rôle et l'affaiblissement de Jacques Chirac, François Hollande fustige "un monarque finissant" . "Il est dans une fin de règne qui s'écoule avec quelques raz-de-marée électoraux , juge le premier secrétaire du PS. Mais, sauf crise sociale majeure, que personne ne peut souhaiter, Jacques Chirac ne s'en ira pas." M. Hollande ne prête pas foi aux rumeurs qui évoquent, de façon persistante dans son parti, une dissolution. "Son seul objectif est de durer" , affirme-t-il à propos du président de la République.
Il faudra donc attendre 2007. "Les institutions de la Ve [République] permettent de tenir, elles sont extrêmement protectrices" , estime le dirigeant socialiste. Certes, de Gaulle "avait introduit un principe de responsabilité, mais Jacques Chirac ne le met pas en oeuvre malgré un référendum raté, le deuxième dans l'histoire de la Ve". Pour M. Hollande, "l'erreur serait toutefois de se focaliser" sur le chef de l'Etat, "et de l'isoler, dans la droite, de Sarkozy et de Villepin" .
 

 
Libéralisme ou altermondialisme ? Villepin ou Sarkozy ? Gros gouvernement ou équipe resserrée ? Implication personnelle ou mise aux abris ? Le président donne l'impression de ne plus rien choisir. "La dernière fois qu'il a renversé la table, c'était en 1997, avec la dissolution. Depuis, il a du mal à trancher" , constate un familier de l'Elysée.

Lundi 20 juin, le président inaugure la conférence internationale de Paris sur la microfinance, organisée par la France sur la proposition qu'il avait lancée au G8 de Sea Island (Etats-Unis), en juin 2004. Le développement du microcrédit, destiné à aider les exclus des prêts bancaires à monter des projets économiques, était aussi l'une des initiatives annoncées lors de ses voeux, en janvier.

Et c'est l'une des réponses ­ modeste mais efficace ­ au libéralisme débridé que Jacques Chirac affirme vouloir contrer. Dans la même veine, il décorait, le 14 juin, le Père Francisco Van der Hoff, fondateur du commerce équitable, en notant l'engouement naissant des consommateurs pour cette forme d'économie éthique.

Mais, pour l'économie du pays, il s'en remet à une méthode indéfinie. "Le seul critère, c'est l'efficacité" , a-t-il dit le 31 mai, en annonçant, de façon inédite, la nomination de son premier ministre, Dominique de Villepin, et celle de Nicolas Sarkozy, quasi intronisé premier ministre bis.

Ce que ses proches craignaient est arrivé : "s'il perd le référendum, d'une certaine manière, il abandonnera. Il laissera Villepin et Sarkozy s'entretuer parce que cela ne le concernera plus" , disait l'un d'entre eux avant le 29 mai. Un autre ajoutait : "Il lui restera l'international. Encore que son influence sera très amoindrie si le non l'emporte." Dans leurs pires cauchemars, ses amis ne pouvaient sans doute imaginer la débâcle du sommet de Bruxelles.

Il y figure nettement dans le club des perdants. Ses soutiens ? Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois et président sortant de l'Union, qui commence à regretter d'avoir recours au référendum dans son pays. Et Gerhard Schröder, en mauvaise posture pour les élections anticipées de l'automne, face à sa rivale de la CDU, Angela Merkel. Même le président du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, avec qui il entretenait les meilleures relations, lui a fait défaut, se rangeant à Bruxelles aux côtés de Tony Blair, des Hollandais, des Suédois et des Finlandais.

A l'intérieur, le chef de l'Etat n'a pas plus maîtrisé la composition du gouvernement. Dominique de Villepin a tranché au sabre ­ 17 sortants ­ et le président l'a laissé faire. Bien sûr, M. Chirac a téléphoné à quelques bannis, se disant consterné par leur départ. Bien sûr, il a tout fait pour en recaser certains, proposant ainsi à Michel Barnier un poste au Conseil d'Etat, que ce dernier a refusé. Ou encore à Xavier Darcos un poste d'ambassadeur auprès de l'OCDE, accepté.

Les exclus du Villepin I se sont téléphoné, ont déjeuné ensemble, et ont remâché leur amertume. Etre viré pour faire un gouvernement aussi peu imaginatif, ont-ils maugréé... Le fidèle chiraquien Frédéric de Saint-Sernin ne répond plus au téléphone. Restera-t-il conseiller à l'Elysée, dont il fut longtemps le "M. sondages" ? Il n'en sait rien et ne veut pas en parler. C'est au nouveau premier ministre que les sortants en veulent, pas tellement au président : ce dernier leur paraît, au fond, plutôt dépassé par les événements...

A l'Elysée même, les opinions s'affrontent sur la conduite à tenir, comme pendant la campagne. Que ce soit sur le code du travail, dont certains prônent la réforme, ou sur les interventions du président. Nul ne sait ce que veut le chef de l'Etat et la préparation du 14 Juillet s'annonce difficile.

SAUVÉ PAR LES J.O. ?

Le seul événement qui pourrait redonner un élan collectif au pays, et sauver cette intervention rituelle du président de la République, serait d'obtenir les Jeux olympiques pour Paris, le 6 juillet, à Singapour. Certains chiraquiens, et même le socialiste Bertrand Delanoë, s'appuyant sur le crédit dont bénéficie encore M. Chirac auprès du Comité international olympique (CIO), l'exhortent depuis des semaines à venir présenter lui-même la candidature de Paris à Singapour. Après tout, M. Blair ne viendra-t-il pas y faire son lobbying pour Londres, à l'avant-veille de la décision ?

M. Chirac n'arrive pas à se décider. "Ce n'est pas tranché" , lâche Claude Chirac. Le calendrier est délicat, il est vrai, puisque le G8 commence le jour des présentations de candidature. Mais il y a autre chose : comment ne pas être associé à Guy Drut, l'ancien ministre chiraquien, membre du CIO, qui s'est distingué au procès des marchés d'Ile-de-France, en disant "améliorer -son- ordinaire" avec un emploi auquel il a peiné à donner une vraie consistance. Les chiraquiens en ont été fous de rage. D'autant que les Britanniques, trop contents, ne se privent pas de porter le fer dans cette plaie. Toutefois, en différant encore sa décision, le président accrédite l'idée que la perspective d'un nouvel échec personnel, si la candidature de Paris était rejetée, le paralyse.

Béatrice Gurrey
Article paru dans l'édition du 21.06.05
Par Thierry SEVEYRAT
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Lundi 27 juin 2005


L'aigle était un pigeon. Dominique de Villepin promettait, canons et tambours, de redonner confiance "en cent jours ". Premier ministre, il a prononcé à l'Assemblée une déclaration de politique générale à la hauteur d'un technocrate du ministère des affaires sociales. Puis, la seule vraie mesure de son plan de lutte contre le chômage, le contrat dit "nouvelle embauche", a perdu cette semaine tout son caractère innovant à l'issue des pressions syndicales. Le plan est vidé.

L'histoire dira pourquoi celui qui se voyait à Matignon depuis si longtemps, qui a été prévenu de longue date par Jacques Chirac de s'y préparer, est arrivé sans plan de campagne, sans vision, a hésité quatre jours entre les lignes contradictoires de MM. Breton et Borloo, pour se faire finalement rôtir et manger par les syndicats les quatre jours suivants.

ÉCRIT D'AVANCE

En vérité, l'histoire ne dira rien. Il est à parier que cette médiocre période de fin du règne chiraquien n'intéressera que peu d'historiens. Tout est écrit d'avance : un an à attendre le début de la campagne présidentielle, un an de campagne. Puis le changement de président.

Exagération ? Prenez les événements des derniers jours. Tout indique une nette accélération de la dégradation du pays et l'on ne parle pas ici de la perte d'influence de la France sur la scène européenne et des victoires que remporte Tony Blair et qu'il va remporter pendant ses "deux cents jours" à lui de présidence de l'Union.

Vendredi 17 juin, l'Insee indique que la France détruit des emplois au lieu d'en créer : 6 000 postes nets ont disparu au premier trimestre. Le deuxième trimestre s'annonce tout aussi mauvais. Au deuxième semestre, le résultat serait positif mais presque uniquement grâce aux aides de l'Etat. La France de l'emploi est la France des fonctionnaires et des subventions.

Lundi 20, la commission des comptes de la Sécurité sociale fait savoir que le déficit se creuse. Il devrait atteindre cette année 11,4 milliards d'euros au lieu des 10,2 milliards prévus. Le trou serait donc équivalent à celui de l'an passé. Le plan de l'ex-ministre de la santé Douste-Blazy n'est d'aucun effet.

DETTE EXPLOSIVE

Le même jour, le ministère des finances publie le chiffre de la balance des transactions courantes du pays : le déficit a plongé à 3,3 milliards d'euros en avril. Quatrième mois dans le rouge. Cette statistique témoigne de la dégradation des positions commerciales françaises depuis 2000. Faute de s'être replacée sectoriellement vers le haut de gamme et géographiquement vers l'Asie et l'Amérique, la France a perdu 0,5 point de parts du marché mondial, soit 10 % de ses positions qui ont reculé de 5,3 % en 2000 à 4,8 % en 2004, selon l'OCDE.

Mardi 21, le ministère du budget publie une analyse qui souligne que "les régions ont fortement accru leur pression fiscale directe" pour financer des dépenses en hausse de 13,1 % cette année. Cette explosion "ne s'explique pas par des transferts de compétence de Paris aux régions" , précise le ministère, qui déplore ces impôts en plus et appelle à "une modération des dépenses locales" .

Le même jour, le gouverneur de la Banque de France dénonce "la dynamique explosive de la dette publique" , passée de 56,2 % du PIB en 2001 à 64,7 % en 2004. Il souligne, par ailleurs, dans sa lettre au président de la République, que l'investissement des entreprises a stagné depuis quatre ans.

SOUS LA MOYENNE

Mercredi 22, l'Insee révise à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année. Elle ne serait que de 1,5 %, très en deçà de l'espoir de 2 % du gouvernement. Le premier semestre marque " un ralentissement précipité" . Même si le second est un peu meilleur, ce chiffre indique que la France a cessé d'être au-dessus de la moyenne européenne comme elle l'a été ces huit dernières années. Elle est descendue au-dessous. L'Insee pronostique qu'en conséquence, et malgré les dispositifs du gouvernement, le taux de chômage finirait l'année à 9,8 % contre 10 % l'an passé. Le mercredi précédent, le ministre "de la cohésion sociale" avait promis une baisse "significative" cette année.

Jeudi 23, le ministre des finances présente "un diagnostic de la situation de l'économie française" . Il écrit que le pays "vit au-dessus de ses moyens" et qu'il faut "plus de croissance" pour financer le modèle social français. "Un diagnostic bien vu, commente Eric Chaney, chef économiste de Morgan Stanley, mais le ministre ne propose que de toutes petites réformes ."

Vendredi 24, le journal Les Echos indique que M. de Villepin " renonce à amplifier la baisse du nombre de fonctionnaires" en 2006, comme promis par son prédécesseur.

DOUBLE ÉCHEC

Reprenons : emplois et chômage, croissance et compétitivité, déficits et budgets, les indicateurs de la France vont dramatiquement dans le mauvais sens. Mais, pourtant, il ne se passera rien. Le déshabillage du plan pour l'emploi et les premières indications budgétaires montrent que le gouvernement Villepin craint les syndicats. Mais il n'ose pas, non plus, sortir des contraintes maastrichtiennes. Ni droite ni gauche, une telle voie étroite, dans le contexte d'une croissance très faible, est impraticable, sauf à signifier pseudo-réformes et pseudo-rigueur, bref, faux-semblants. Et, en conséquence, rien n'est fait sur les causes structurelles de la dégradation économique profonde et rien n'est fait non plus pour stopper les déficits. Double échec.

Après deux ans d'un tel immobilisme, où en sera la France ? Notre part du marché mondial sera descendue à 4 %, selon l'économiste Laure Maillard, d'Ixis. Le solde courant structurellement négatif du commerce extérieur abaissera la croissance. Le déficit public restera autour de la zone de 3 %, niveau qui continue d'aggraver la dette. La croissance "potentielle" du pays aura encore perdu de ses forces pour retomber autour de 1,4 %. Le chômage structurel (de long terme donc très difficile à attaquer) sera, en conséquence, remonté à 9,2 %.

Le nouveau président héritera, en mai 2007, de cette catastrophe.

Eric Le Boucher
Article paru dans l'édition du 26.06.05

Par Thierry SEVEYRAT
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Lundi 11 juillet 2005

JO : Nouvelle claque pour Chirac...
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Après le non à la Constitution, il comptait sur un oui à Paris 2012. Perdu.

Par Antoine GUIRAL
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jeudi 07 juillet 2005 (Liberation - 06:00)
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un chat noir a-t-il pris ses quartiers à l'Elysée ? Ou tout simplement, Jacques Chirac a-t-il définitivement perdu la main ? Un mois après son échec au référendum sur la Constitution européenne, ce nouveau revers enterre un peu plus le chef de l'Etat. Il sonne aussi le glas de la «méthode Chirac» et d'une manière dépassée de faire de la politique. En France comme sur la scène internationale, Jacques Chirac n'est plus dans l'air du temps. Il ne suffit plus d'aller serrer pendant quelques minutes des dizaines de mains de membres du CIO ou de flatter les huiles sportives croisées sur son chemin comme dans un comice agricole, comme il l'a fait hier à Singapour après son discours en distribuant accolades et bons mots. Inefficace aux yeux des Français pour résoudre les problèmes de l'emploi, le président de la République l'est également pour aider Paris à décrocher les Jeux olympiques. Suprême humiliation pour celui qui a placé son quinquennat sous le signe de l'international, les membres du jury sont restés insensibles aux paroles qu'il leur a servies hier sur «le dialogue entre les peuples et entre les cultures». Pour le plus grand bonheur de George Bush et, surtout, de Tony Blair, qui ont accueilli hier leur ami «Jacques le Loser» au G8 de Gleneagles.

«Quelle catastrophe... C'est une humiliation ! Les JO à Madrid ou ailleurs, n'importe où, mais pas à Londres, pas en ce moment!», se lamentait hier un ministre ultrachiraquien à l'annonce du résultat. L'Elysée misait pourtant gros sur l'attribution des JO pour surfer sur cette bonne nouvelle et tenter de rebooster la fin de mandat de Jacques Chirac. C'est raté. «Le 14 Juillet, ce devait être Iter et les JO. C'était ça le rebond escompté. Maintenant il va falloir trouver autre chose, mais quoi, pffouuu...», poursuivait ce même ministre, l'air déconfit. Un conseiller du chef de l'Etat évoquait hier «un climat plus dynamisant» si la France avait gagné les Jeux mais s'attachait d'abord à relativiser l'échec : «Jacques Chirac est attendu sur des questions beaucoup plus importantes que les JO par les Français. C'est un événement sportif et il faut être sportif.» Toujours prompt à se jeter sur le moindre succès français et à coller aux émotions de ses compatriotes, le président de la République avait déjà son sujet tout trouvé pour sa traditionnelle intervention télévisée du 14 Juillet. Patatras, il devra dénicher autre chose et se rabattre sur Iter, ce projet international de réacteur de fusion nucléaire dont la France a obtenu, fin juin, la construction sur son sol au détriment du Japon. Peu de chose au regard de l'impact psychologique sur le pays d'une victoire olympique.

Au plus bas dans les sondages en 1998, le chef de l'Etat s'était émerveillé de sa spectaculaire remontée après la victoire des Bleus à la Coupe du monde. Avec les JO, il espérait à nouveau se refaire une santé à peu de frais avant l'été. Un sondage Ifop publié dans Paris Match cette semaine avait commencé à lui redonner le moral : pour la première fois depuis le référendum, il progresse de 7 points avec 35 % des Français approuvant son action. L'embellie pourrait être de courte durée pour celui qui aimait à se présenter en super-VRP de «l'entreprise France» et se posait en champion de la lutte contre «le pessimisme ambiant». C'est à un pays plutôt déprimé et qui aura encore un peu moins confiance en lui qu'il va s'adresser la semaine prochaine. Il aura toutes les peines à être crédible pour expliquer que tout ne va pas si mal et que «le chômage ne progresse plus depuis deux mois», comme le dit un de ses proches.

En mal de sujets consensuels et fédérateurs pour essayer de ressouder les Français autour de sa personne, Jacques Chirac est resté le plus discret possible depuis le 29 mai en dehors de ses rendez-vous internationaux. Un début d'hibernation qui pourrait bien durer jusqu'à la présidentielle de 2007.

Par Thierry SEVEYRAT
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Mercredi 20 juillet 2005

Le roi est nu

LE MONDE | 13.07.05 | 14h08  •  Mis à jour le 13.07.05 | 14h08

Le rite instauré par François Mitterrand sera respecté. Pour la onzième fois depuis sa première élection, en 1995, Jacques Chirac va sacrifier à l'usage de l'entretien télévisé que Nicolas Sarkozy semble juger dépassé. Au plus bas dans les sondages, sonné par une accumulation de revers en six semaines ­ la victoire du non au référendum du 29 mai, une défaite en rase campagne face à Tony Blair au sommet européen des 16 et 17 juin à Bruxelles, enfin des Jeux olympiques qui échappent à Paris au profit de Londres­, M. Chirac peine à trouver la recette qui lui éviterait de connaître une fin de règne calamiteuse.

Le président de la République est aussi mal en point que des institutions, de plus en plus grippées, dont il est le gardien. Il incarne à lui seul un paradoxe. La réforme de 2000, qui lui avait été imposée par Lionel Jospin et Valéry Giscard d'Estaing, ramenant de sept à cinq ans la durée du mandat présidentiel, a instauré un quinquennat sec. Elle n'a été accompagnée d'aucune redéfinition des rôles du président de la République et du premier ministre.

L'inversion du calendrier, plaçant, là encore à l'initiative de M. Jospin, l'élection présidentielle avant les élections législatives, a encore accentué la présidentialisation de la Ve République. Le chef de l'Etat s'appuie sur une majorité présidentielle, et le premier ministre, loin de déterminer et conduire la politique du pays, comme le lui assigne la Constitution, est réduit au rôle de super intendant ou, pis, de factotum.

Irresponsable politiquement, M. Chirac concentre un arsenal impressionnant de pouvoirs : chef de l'Etat, chef de l'exécutif et du gouvernement, chef de la majorité, chef des armées, gardien de l'indépendance de la justice, vis-à-vis de laquelle il s'est mis soigneusement à l'abri afin de ne pas avoir à lui rendre des comptes.

M. Chirac a revêtu peu à peu les habits du monarque républicain mais, dans les faits, en enchaînant les revers, il s'est dépouillé des attributs de l'autorité. Le roi est nu. Le grippage des institutions s'est accentué depuis la nomination de Dominique de Villepin à Matignon. M. Chirac a choisi un fidèle, mais celui-ci ne se voit pas, comme l'était devenu Jean-Pierre Raffarin, en simple directeur de cabinet du président. Il n'a de cesse, compte tenu de l'affaiblissement de M. Chirac, de conquérir un espace autonome.

Plusieurs phénomènes accentuent cette crise institutionnelle. Contre ses propres principes, M. Chirac a fait du chef du parti majoritaire, qui brigue sa succession, le numéro deux de son gouvernement. Le recours aux ordonnances, choisi par M. de Villepin, a dévalorisé un peu plus encore le rôle du Parlement. Au Sénat, une atmosphère de fin de règne et de règlements de comptes marque la présidence de Christian Poncelet, réélu pour un ultime mandat en septembre 2004. Et le monarque de l'Elysée est prisonnier de son impuissance à agir. Il ressemble de plus en plus au quetzal, cet oiseau d'Amérique latine qui cesse de chanter quand il est en cage. Claude Allègre avait appliqué, en 2001, cette métaphore à... M. Jospin.

Article paru dans l'édition du 14.07.05
Par Thierry SEVEYRAT
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